chien Jindo

Les chiens accompagnent les gens depuis des milliers d’années, pour chasser, garder la maison et les bêtes. Cet animal domestiqué très tôt, à la naissance de la civilisation, a marqué de sa présence également la Péninsule Coréenne. Et malgré toutes les controverses autour des chiens et des traditions culinaires dans les pays de l’Extrême-Orient, cet animal y est apprécié.

Aujourd’hui, il existe environ 400 races de chien, dont sept sont spécifiquement coréennes : Jeju Chien (제주개), Jindo Chien (진돗개), Sapsali (삽살이), Dongyeong Chien (동경개, appelé aussi Daenggyeon 댕견), Nureongi (누렁이), Mastiff Coréen (도사개 Dosa Gae) et Pungsan Chien (풍산개). Elles n’ont pas été toutes reconnues par FCI (Fédération Cynologique Internationale), notamment le Pungsan Chien. La plus célèbreest le Jindo Chien et son histoire ainsi que ses qualités seront présentées dans cet article.

ill. 1. Les races de chien coréennes

Histoire

Le Jindo Chien (제주개, Jindo Gae signifie littéralement « chien de Jindo ») vient de l’île de Jindo (진도), située sur la côte sud-ouest de la Péninsule coréenne. Historiquement, la localisation insulaire créa un isolement naturel pour toutes les espèces y vivant. À l’époque prémoderne, les migrations du continent étaient plutôt rares et avaient peu d’impact sur l’environnement local. Le Jindo Gae est né dans ce contexte-là, demi-sauvage, où les qualités comme la rapidité, l’instinct du chasseur, la force physique et la loyauté absolue étaient particulièrement désirables chez les chiens, très souvent les seuls vrais gardiens des petites maisons de campagne. Ce « petit guerrier canin » [1] possédait tous les attributs nécessaires et en plus, il faisait fuir des prédateurs dangereux pour les habitats humains.

ill. 2. La carte de la Péninsule Coréenne avec l’île de Jindo 

Il existe plusieurs théories qui expliquent l’apparition du Jindo Gae. Selon la première, il descend d’un chien qui échappa au naufrage d’un navire marchand chinois à l’époque de Goryeo (918-1392). D’après la deuxième, ses origines remontent jusqu’au XIIIème siècle, la période des attaques mongoles ; il est très probable que les Coréens, emprisonnés et renvoyés en Corée, aient apporté des chiens mongols, et ainsi occasionné un croisement avec des races locales. La troisième suggère qu’il descend des chiens qui gardaient les chevaux en Mongolie. La quatrième suppose que son ancêtre fut un petit chien, trouvé au Mont Yeogwi (여귀산) et ensuite croisé avec d’autres races déjà existantes. [2] Enfin, la cinquième est basée sur certaine légende : « Autrefois, un homme sage alla dans les montagnes en cherchant de la paix, la solitude et l’inspiration pour ses réflexions philosophiques. Une petite chienne l’accompagna, l’ancien Jindo Gae. Dans les montagnes, quand son maître médita en suivant le chemin clair de l’harmonie avec l’univers, la chienne fidèle ne le quitta pas. Elle le surveillait en faisant fuir des animaux sauvages. Pendant une méditation qui dura des longues semaines la chienne se trouva en œstrus. Un loup ayant son habitat à proximité sentit son état. Il “prit soin” de sa cousine domestiquée dans le besoin, et voici comment naquirent trois chiots qui sont considérés comme des ancêtres du Jindo Chien contemporain. » [3]

Dans les années 1930, Jindo Gae fut inscrit officiellement dans les registres japonais. Les envahisseurs découvrirent immédiatement les qualités de la race et les meilleurs spécimens furents transportés au Japon. Leur destin s’avéra un peu plus chanceux que celui d’autres chiens vivant sur l’île, tués pour fabriquer des fourrures pour les soldats japonais. Il convient de noter ici que la politique impériale japonaise, comme celle allemande de ce temps-là, s’inspira beaucoup de l’eugénisme américain, créé au XIXème siècle. L’un de ses principes fondamentaux fut de préserver et reproduire « des individus parfaits ». À cette fin, les Japonais créèrent des collections de la faune et la flore, parmi lesquelles le Jindo Gae, reconnu faussement comme leur nouveau « monument naturel ». [4]
Après l’occupation japonaise (1910-1945) et la guerre de Corée (1950-1953), le pays divisé et détruit, la situation des chiens fut l’un des dernières préoccupations des gens. Il fallait attendre quelques décennies pour que la question de cet animal puisse refaire surface.

ill. 3. John Rudd du 1er bataillon Middlesex Regiment, soldat avec un Jindo Chien, 1950-1951,
Péninsule Coréenne
ill. 4. Le premier photoreportage sur le Jindo Chien aux Étas-Unis,
 Los Angeles Times, 2 janvier 1994 ; photos: Kang Hyungwon

Caractéristiques

Le Jindo Gae appartient au groupe de spitz, les chiens « à tête triangulaire pointue, aux oreilles droites, à la fourrure longue et abondante » [5], appelés aussi « les chiens du nord ». D’habitude, sa fourrure est blanche, grise claire ou blanche et noire mais il y a également des individus à la couleur rouille.

Il est robuste, vite et dynamique ; il est exceptionnellement intelligent, perspicace, vigilant et surtout fidèle. Une fois séparé de son propriétaire, il ne cessera pas de chercher le chemin du retour. Il sait retrouver l’itinéraire même sur des centaines de kilomètres grâce à son excellent sens de l’orientation.

Le Jindo Gae, c’est une race peu modifiée par les gens ; par conséquent, il a gardé plusieurs caractéristiques primaires, y compris son apparence proche de celle du  loup.
Autrefois, il aidait surtout à chasser des animaux sauvages et à garder la maison de son propriétaire. Aujourd’hui, il est un bon compagnon de la famille ou… il participe aux combats de chiens, parfois illégaux.

ill. 5. Un Jindo Chien

Un symbole de l’île ?

ill. 6. Le monument du Jindo Chien, Jindo-gun (진도군), l’île de Jindo

Cet ange gardien à quatre pattes est devenu un vrai symbole de l’île de Jindo, voire une expression de la fierté locale et nationale. Dans le district de Jindo-gun (진도군), se trouve un monument du Jindo Chien, représenté de façon noble et impressionnante. Il y a aussi le Bureau du Jindo Chien (Jindo Dog Office), responsable de l’organisation des entraînements pour les chiens.

ill. 7. L’entraînement du chien nommé Minkook (민국) au Bureau du Jindo Chien,
Jindo-gun (진도군), l’île de Jindo.

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Bibliographie et webographie :

Les illustrations :

ill. 2. La carte de la Péninsule Coréenne avec l’île de Jindo , 16.01.2020
ill. 3. John Rudd du 1er bataillon Middlesex Regiment, soldat avec un Jindo Chien, 1950-1951, Péninsule Coréenneill. 4. Le premier photoreportage sur le Jindo Chien aux États-Unis, Los Angeles Times, 2 janvier 1994 ; photos: Kang Hyungwon

https://sites.google.com/site/hyungwonkang/work/korean-jindo-dogs/first-jindo-dog-photo-essay-in-the-u-s, 20.01.2020
ill.5.  Un Jindo Chien , 20.01.2020ill. 6. Le monument du Jindo Chien, Jindo-gun (진도군), l’île de Jindo , 20.01.2020ill. 7. L’entraînement du chien nommé Minkook (민국) au Bureau du Jindo Chien, Jindo-gun (진도군), l’île de Jindo, 20.01.2020

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