Byeon Sang-byeok (변상벽, XVIIIème siècle), connu aussi sous les pseudonymes Hyajae (화재) ou Byeon-goyang (변고양 qui signifie littéralement « le chat Byeon »), fut un peintre coréen à l’époque de Joseon. Il représente le myojakdo (묘작도), type de peinture où le thème principal sont les chats et les moineaux, ainsi que le gyejado (계자도), type de peinture avec les poules en tant que thème principal. Dans l’histoire de l’art coréen, il est appéle « le peintre de chats ».

ill. 1. Le chat tigré avec les pâquerettes, Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle

Biographie du peintre de chats

Byeon Sang-byeok (변상벽 ; en hanja : 卞相璧 ou 卞尙璧) vécut au XVIIIème siècle mais ses dates de naissance et de mort ne sont pas connues. Ses œuvres datent principalement du règne du roi Sukjong (le règne : 1674-1720) ce qui permet de préciser le temps de son activité artistique.

Les sources historiques ne donnent pas beaucoup d’informations sur sa vie. Il semble qu’il vint de Miryang, ville située au sud de la peninsule coréenne. Il travailla à Dohwaseo (도화서), ceci dit l’Académie royale des Beaux-Arts et ensuite, il continua à travailler en tant que peintre dans une petite province. Sa renommée vient surtout de ses chefs-d’œuvres avec les images des chats.

ill. 2. Deux dessins préservés probablement dans un vieux cahier de Byeong Sang-byeok, XVIIIème siècle

Chats – le thème principal

Le chat n’est pas un motif dans le peinture des pays confucéens aussi fréquent que les oiseaux et des insectes différents. Cependant, vu l’importance du tigre dans la culture coréenne, la présence du chat semble être plus naturelle.

Byeon Sang-byeok utilisa des techniques traditionnelles pour créer ses œuvres. C’est-à-dire, des rouleaux en soie et de l’encre en couleurs différentes. Il suivit les modèles classiques, issus du hwajohwa (화조화 ; en hanja : 花鳥畫), peinture chinoise où le thème principal furent les oiseaux et les fleurs. Néanmoins, il réussit à développer son propre style original.

En fait, on pourrait dire que les chats de Byeon Sang-byeok sont « les miniatures » de tigres coréens. L’analyse du style montre que l’artiste s’inspira des images venant du minhwa (민화), peinture folklorique où les tigres avaient des grands yeux exagérés, voire pleine de folie ou d’instinct de chasseur (à comparer aussi avec ill. 1).

ill. 3. Les chats et les moineaux (« 묘작도 » Myojakdo), Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle

À remarquer, que l’artiste cita certains types iconographiques. Par exemple, Le chat avec une pie est une citation directe d’Un tigre avec une pie de la peinture folklorique minhwa (ill. 7.).

ill. 8. Le chat avec une pie, Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle

D’autres motifs

Le peintre de chats créa des images d’autres animaux également. À rappeler le gyejado (계자도), type de peinture avec les poules, mais aussi les scènes avec les chiens. La capacité d’observer la nature attentivement lui a permis de capter des moments très simples de la vie animale et de les transformer en vrais chefs-d’œuvre.

Les illustrations

  • Image liminaire : Une partie du rouleau Le chat dans un jardin en automne (« 국정추묘 » Gukjeong chumyo), Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 1. Le chat tigré avec les pâquerettes, Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 2. Deux dessins préservés probablement dans un vieux cahier de Byeong Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 3. Les chats et les moineaux (« 묘작도 » Myojakdo), Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 4. Le chat avec un moineau, Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 5. Le chat dans un jardin en automne (« 국정추묘 » Gukjeong chumyo), Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle. La traduction de ce titre est un peu problématique parce que la version en hanja (菊庭秋猫) laisse quelques doutes. Selon moi, il s’agit plutôt d’un chat au pavillion du Chrysanthème en automne.
  • ill. 6. Un tigre féroce, auteur inconnu, Joseon
  • ill. 7. Un tigre avec une pie du minhwa, peinture folklorique coréenne
  • ill. 8. Le chat avec une pie, Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 9. La poule et ses poussins (« 모계영자도 » Mo gyeyeongjado), Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle
  • ill. 10. Le chien (« 견도 » Gyeondo), Byeon Sang-byeok, XVIIIème siècle. Il est possible que l’artiste a présenté un ancêtre de la race coréenne le Pungsan chien (풍산개).
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