Dans l’histoire

hanbok traditionnel Coréen
ill. 1. Une partie du hanbok féminin

Le hanbok (한복) est très ancré dans la culture coréenne, notamment moderne. Si grâce à lui aujourd’hui on peut rentrer gratuitement dans tous les palais coréens pour les visiter, ce vêtement ne fait pas simplement partie du folklore coréen. Son histoire remonte bien avant l’ère des dramas, à cette époque où la Corée ne faisait qu’une.

Les Trois royaumes (57 av. J.-C. – 668)

Le hanbok existe depuis des milliers d’années. On retrouve ce vêtement sur diverses fresques, datant du royaume de Koguryo (고구려, 高句麗) qui est l’un des Trois royaumes avec Silla et Baekje (37 av. J. C. – 668). La tenue aurait été introduite au Pays du Matin Claire par les nomades scytho-sibériens. Les Scythes est peuple nomade d’origine probablement iranienne qui migraient en Asie et en Europe. Étant un peuple avec des membres de diverses cultures, ils étaient perçus par les autochtones comme les Scythes, ou encore comme les Scytho-sibériens.

D’aussi loin que ce vêtement remonte, certaines caractéristiques contemporaines existaient déjà. Les hommes et les femmes portent les mêmes vêtements. Seulement, certaine différence subsiste : les vêtements pour hommes sont composés de manteaux et de pantalons, tandis que les vêtements pour femmes sont composés de manteaux et de jupes. La couleur du haut est toujours différente de la couleur du bas. Nous avons également remarqué que la couleur et la confection du hanbok varient en fonction du statut social du porteur.

Sur certaines pièces pouvaient apparaître des bandes de tissu sombre. Celles-ci servaient à souligner les courbes du corps dans l’espace de façon à mettre en valeur le porteur.
Jusqu’au royaume Baekje (백제 ; 百濟,18 av. J.-C. jusqu’à 660), le hanbok n’évoluera que très peu. De fait, on peut dire que le modèle du hanbok de Koguryo est plus représentatif pour la culture coréenne postérieure que celui de Baekje. 

Depuis la période des Trois royaumes de Corée, le design basique du hanbok a très peu changé. Le hanbok est initialement conçu pour se fabriquer dans la même pièce de tissu, ce qui permet aux tailleurs de rester très modérés dans le nombre des chutes de tissu dit « perdues ». Par la suite et au cours de l’histoire, de nombreuses influences étrangères sont venues faire évoluer, bon gré mal gré, eux les détails de la tenue traditionnelle du Pays du Matin Calme, en le rendant toujours plus complexe.

Silla unifié (668 – 918/935)

ill. 4. Un exemple contemporain de la tenue coréenne traditionnelle

C’est lorsque le royaume de Silla conquiert ses deux royaumes rivaux, Koguryo et Baekje, grâce à l’aide de la dynastie chinoise Tang (唐朝, 618-907) que le vêtement évoluera le plus.

Goryeo (918 – 1392)

La période de la dynastie Goryeo (고려,  高麗), mise en place par le roi Taejo (조선 태조 ; 朝鮮 太祖, 1335-1408), est l’une des plus importantes périodes de l’histoire de la culture coréenne. L’État a soutenu le développement du bouddhisme, qui a prospéré et qui est même devenu quelque peu envahissant. À tel point que le roi Aejang (애장왕 ; 哀莊王, règne : 800–809) a dû interdire la construction de nouveaux monastères en 806. De nombreux temples furent construits et les plus remarquables étant ceux de Hwangnyongsa (황룡사, 皇龍寺 ; détruit en 1238 lors des invasions mongoles). Il ne reste quasiment plus rien aujourd’hui, ainsi que ceux de Bulguksa (불국사 ; 佛國寺) et Seokguram (석굴암 ; 石窟庵). C’est également à cette période que les étroites relations avec la dynastie des Tang vont progressivement s’estomper, pour créer de nouvelles relations avec la dynastie mongole Yuan (元朝, 1271-1368). C’est dans ce contexte que le style vestimentaire des militaires et civils sera progressivement remplacé par celui de Yuan.

ill. 8. Un long jeogori (저고리), type de dangui (당의) qui était une veste de cérémonie, XIXème siècle. Il est décoré avec les caractères chinois 壽 et 福 où le premier signifie la longévité et le deuxième le bonheur.

Le long jeogori (저고리) a été raccourci avec l’influence de la dynastie des Yuan. Cela a donné une version plus courte qu’on attachait plus à la taille. Ce modèle-la se ferme toujours sur la droite et se porte par-dessus la chima (치마), donc la jupe, ou le baji (바지), le pantalon.

Le dangui (당의), écrit aussi dangeu, présenté sur l’image ci-dessus, est une tunique longue avec les pans qui se terminent en arrondi. C’était une tenue de cérémonie pour les dames de la cour et de l’aristocratie. (Yi, 2007, p. 49)

Joseon (1392-1910)

À l’époque de Joseon, très connue grâce aux dramas sud-coréens historiques où les costumes jouent un rôle aussi important que les acteurs, la différence entre le vêtement des femmes et des hommes a été consolidée. Le hanbok féminin consiste en un court jeogori et une chima. À noter que :

Le design du hanbok est resté sensiblement le même au cours des siècles, même si des variations ont affecté la longueur de la veste, la largeur des manches, la longueur et la largeur des rubans sur la veste, la manière de faire des nœuds, l’ampleur de la jupe, le nombre des plis ou encore la hauteur de la taille. (Yi, 2007, p. 48)

Malgré les restrictions de la société néo-confucéenne, l’idée du hanbok féminin était de mettre en valeur la beauté de la porteuse de manière discrète. La présence des accessoires comme le norigae (노리개), c’est-à-dire un pendentif avec les maedup (매듭), nœuds traditionnels, et des gemmes, ou des binyeo (비녀), épingle à cheveux décorative, soulignait les couleurs, la texture et toute la composition du hanbok.

Le hanbok masculin était un peu plus modeste en comparaison avec celui féminin. Cependant, les ornements du tissu pouvaient être nombreux et très sophistiqués. Les couleurs fortes étaient aussi acceptables en fonction de la saison ainsi que des préférences du porteur.

ill. 9. Un exemple contemporain du hanbok féminin et masculin. Le modèle ci-dessus était le vêtement des yangban (양반), donc l’aristocratie coréenne.

Aujourd’hui

Étant le costume national et par la suite, un élément qui unit les deux Corées, le hanbok retrouve sa place dans la vie moderne. Lors des cérémonies officielles, certain(e)s hommes et femmes politiques portent un hanbok en tant que symbole de l’identité nationale, par exemple Park Gyeun-hye (박근혜, née 1952), ancienne présidente de la République de Corée, pendant sa visite au Royaume-Uni en 2013.

Le Seollal (설날) et le Chuseok (추석) ainsi que d’autres grandes fêtes coréennes, sont aussi des occasions pour mettre un hanbok. Ces jours festifs, certaines familles portent la tenue traditionnelle pour organiser des rituels comme le jesa (제사) ou pour faire le sebae (세배), c’est-à-dire une révérence pour payer ses respects vers les aînés.

Vous avez certainement remarqué que le discours sur la tenue traditionnelle coréenne est dominé par le hanbok, surtout par sa version pour les femmes. C’est compréhensible du point de vue esthétique car la composition du hanbok féminin, avec son jeu de couleurs et de formes, est visuellement plus attirante pour l’œuil humain que celui masculin. Néanmoins, nous vous invitons à découvrir d’autres modèles vestimentaires coréens que nous allons vous présenter également dans nos prochains articles.

ill. 10. Park Gyeun-hye (박근혜) et la reine Élisabeth II lors du banquet au palais de Buckingham, Londres

Bibliographie et webographie

Illustrations

  • Image liminaire : une partie du hanbok féminin et un won angseteu (원앙세트), ceci dit un couple de canards, en bois sculpté et emballé avec du tissu, qui symbolise l’harmonie conjugale. Il est utilisé lors des cérémonies de mariage traditionnelles en Corée du Sud.
  • ill. 1. Une partie du hanbok féminin
  • ill. 2. Ovide chez les Scythes, Eugène Delacroix, 1859, National Gallery, Londres
  • ill. 3. Bataille entre Scythes et Slaves, Viktor Vasnetsov, 1881. C’est un exemple du nationalisme romantique.
  • ill. 4. Un exemple contemporain de la tenue coréenne traditionnelle
  • ill. 5. Temple Seokguram (석굴암), Gyeongju
  • ill. 6. Ruines du temple Bulguksa (불국사), Gyeongju, 1914 (avant les travaux)
  • ill. 7. Temple Bulguksa (불국사), Gyeongju
  • ill. 8. Un long jeogori (저고리), type de dangui (당의) qui était une veste de cérémonie, XIXème siècle. Il est décoré avec les caractères chinois 壽 et 福 où le premier signifie la longévité et le deuxième le bonheur. Yi Sông-mi (2007). Raffinement, élégance et vertu. Les femmes coréennes dans les Arts et les Lettres. Gémenos : Autres Temps, p. 50.
  • ill. 9. Un exemple contemporain du hanbok féminin et masculin. Le modele ci-dessus était le vêtement des yangban (양반), donc l’aristocratie coréenne.
  • ill. 10. Park Gyeun-hye (박근혜) et la reine Élisabeth II lors du banquet au palais de Buckingham, Londres
1 Comment
  • Arvie
    says:

    Bonjour,
    Je suis tomé par hasard sur votre site, vraiment intéressant, même si on aurait pousser jusqu’à maintenant et de montrer comment, de nos jours, les stylistes contemporains se sont emparés du hanbok et de son évolution.
    Mais attention avant de le mettre en ligne, relisez-le, car « bourré » de fautes »
    Merci.

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