L’économie de la connaissance par la Corée du Sud

La Corée du Sud est parvenue en moins de 100 ans à faire partie des pays les plus riches de la planète. Mais ce miracle économique coréen n’est pas le fruit des exploitations des gisements du sol coréen car en Corée du Sud à part un peu de fer, charbon, tungstène, graphite, molybdène, plomb et un bon potentiel hydroélectrique, ils n’ont pas de ressources minières. Toute la richesse, qui a été produite en 100 ans, est donc le fruit d’une autre économie, bien particulière car elle est concrètement appliquée qu’en Corée du Sud. Je vais vous parler cette semaine de la place de l’économie de la connaissance au Pays du Matin Calme.

Valeur et richesse

Juste avant d’aller plus loin, je propose de revoir la différence entre valeur et richesse. La valeur est une conception subjective qui est définie comme l’expression de l’intérêt qu’un agent particulier porte à un bien ou à un service, qui résulte d’un processus psychologique d’évaluation. C’est une notion subjective et privée dont la formation et l’explication relèvent de la psychologie, non de l’économie, et constituent une donnée externe pour le raisonnement économique. Quant à la richesse, un individu, communauté ou pays qui possède une abondance de biens et d’actifs, est couramment défini comme « riche ». Mais, me direz-vous, l’abondance de biens, d’actifs est définie comme «riche» car nous, êtres humains, nous avons délibérément choisi que cette richesse avait de la valeur économique.

Tout à l’économie de la connaissance

La République de Corée exporte davantage que la Fédération de Russie, avec trois fois moins d’habitants et 171 fois moins de territoire. Chaque année la République de Corée du Sud exporte 50% de plus que la Fédération de Russie et le tout uniquement grâce à un ministère spécial en Corée du Sud et qui n’existe dans aucun autres pays. Il s’agit du ministère de la Connaissance qui maintenant a fusionné avec le ministère de la Stratégie et des Finances. Cela présente à quel point le savoir, la recherche est une chose importante pour la nation coréenne. Et son industrialisation a été l’une des plus rapides au monde : de 1995 à 2015 le volume de ses exports aura été multiplié par cinq !

La Corée du Sud n’a que peu de matières premières. Et comme étant constituée à plus de 70 % de montagnes et seulement 14,93% de terres arables, et 2,06% de cultures permanentes, ils n’ont pas la possibilité de beaucoup exporter des biens alimentaires. En termes de resources halieutiques, ils se partagent la mer de l’Est avec la Chine et le Japon et il ne sont pas en haut du classement des plus gros pécheurs. Donc… pourquoi faire de l’économie de la connaissance pour la Corée du Sud ? Comme vous le savez sans doute, la connaissance est infinie. Et récemment, nous avons pris conscience que les matières premières ne sont pas infinies.

Aujourd’hui, les Coréens exportent plus que la Russie chaque année. Les Coréens exportent chaque année 50 % de plus que les Russes. Alors que les Russes au niveau des matières premières, ils ont tous du pétrole, du gaz naturel, de la bauxite, du strontium, de l’uranium, du thorium, du platine, de l’or, des diamants. Et avec toutes ses ressources naturelles, la Corée exporte 50 % de plus que les Russes. Mais alors, que vend la Corée du Sud ? À quoi est dû son miracle économique ?

La Corée est dans le top 10 des pays exportateurs de biens pour l’année 2018. Et cette tendance est à la hausse au fil des années. Mais à quoi cela est-t-il dû ? Car nous avons vu précédemment que la Corée du Sud est complètement vide de son sous-sol.

1- Chine : 12,8 % de PDM, + 10 % de progression sur 2017 ;
2- États-Unis : 8,5 % de PDM, + 8 %;
3- Allemagne : 8 % de PDM, + 8 %;
4- Japon : 3,8 % de PDM, + 6 %;
5- Pays-Bas : 3,7 % de PDM, + 11 % ;
6- Corée du Sud : 3,1 % de PDM, +5 % ;
7- France : 3 % de PDM, + 6,7 % ;
8- Hong Kong (Chine) : 2,9 % de PDM, +3 % 
9- Italie : 2,8 % de PDM, + 8 % ;
10- Royaume-Uni : 2,5 % de PDM, + 10 %.

Une économie et une croissance infinie

Que nous vendent les Coréens ? La Corée a choisi d’exploiter des puits de connaissance et ils ont orienté tous leurs industries en ce sens. Résultat ? Il réussissent à produire des ordinateurs, des smartphones, des systèmes de guidage par lasers, des écrans, des disques durs. Ils nous vendent de la connaissance, ils ne sont ainsi pas sur un puits de matières premières car il n’y en a quasiment pas en Corée du Sud, mais sur un puits de connaissance.

Si nous basons notre croissance économique sur les matières premières, vous aurez compris qu’il y a une contradiction inévitable entre croissance infinie et manières premières finies. Alors que si notre croissance économique est basée sur la connaissance, il n’y a plus de contradiction entre croissance économique infinie et connaissance infinie aussi. La Corée du Sud s’inscrit dans cette dynamique ainsi l’exploitation de son sous-sol, constitue un secteur d’activité mineur. L’État sud-coréem a orienté tout le fonctionnement du pays vers la R&D en soutenant les structures, entreprises et institutions de recherches.

Le jeu et la passion comme guide

Mascotte de Robot land south korea albert hubo. promotion de de l'économie de la connaissance.
Mascotte de Robot Land, Albert Hubo, Corée du Sud : promotion de l’économie de la connaissance.

Quand le ministère de l’Économie de la connaissance veut faire de la robotique une grande cause nationale, il ne va pas mettre en place un nouveau programme scolaire ou de nouveaux manuels scolaires. En revanche, l’État va créer un parc d’attractions comme Robot Land, ouvert depuis 2016, qui devient une nouvelle destination de divertissement de grande taille, située dans la ville de Changwon sur la côte sud-est de la Corée du Sud, avec une mascotte Hubo Einstein. Einstein n’est pas Coréen… comme pour Bagdad avant le pétrole, le commanditaire était un prince musulman, le premier architecte était zoroastrien, le deuxième était juif, le financier était bouddhiste et le maître d’œuvre était chrétien.

Le but présent derrière des projets comme ce parc d’attractions, c’est avant tout de gamifier ou la ludification de certains domaines que l’État coréen souhaite rendre accessibles et attractifs pour tous, et notamment les plus jeunes. Grâce à ce type de structure, les nouvelles générations vont pourvoir développer une attirance, voire une passion pour, par exemple, la robotique, et ainsi l’étudier plus facilement, plus longtemps et plus ardemment. En effet, il est bien connu que c’est lorsqu’on aime un sujet ou une discipline, que l’on va s’y consacrer pleinement et ainsi donner tout son temps et son attention. C’est dans cette dynamique que la Corée du Sud essaie de maximiser les chances que chacun trouve sa voie, et ainsi susciter des vocations. Cela va permettre à la Corée du Sud de se doter de passionner dans leurs métiers respectifs et ainsi y consacrer un maximum de temps, sans s’y sentir contraint. Et ce fait est relativement nouveau au Pays du Matin calme.

Les villes ayant un très fort taux d’innovation, comme toute la Corée du Sud, sont cosmopolites. La Corée reste très mono-ethnique comme pays (même si on voit certain progrès de ce côté-là au Pays du Matin clair). Mais les Coréens prennent ce qui marche et cette attitude est la meilleure pour évoluer rapidement, et rester dans l’innovation permanente.

Une croissance basée sur la R&D

La Corée a une activité de R&D particulièrement dynamique, prise en charge en grande partie par les grands groupes industriels, appelés conglomérats. En termes de dépenses de R&D, rapportées au PIB national, la Corée était en 2017 en 1e position (4,6% du PIB) parmi les pays membres de l’OCDE. En termes de dépenses totales, la Corée se place en 4e position (92 milliards USD). Le Japon comme la Corée se distingue par la part importante de la recherche privée dans les dépenses nationales de R&D (70% au Japon, 76% en Corée).

Cette part importante est notamment dû aux grands conglomérats coréens, groupes industriels très diversifiés et occupants une position centrale dans l’économie nationale. L’innovation est au cœur du modèle économique coréen, qui repose en grande partie sur des industries exportatrices à forte valeur ajoutée. Par leur biais, la Corée a réussi un rattrapage technologique dans la seconde moitié du XXe siècle, sous l’impulsion d’un État très impliqué. L’industrie représentait encore 35,8% du PIB coréen pour 29,1% du PIB au Japon en comparaison en 2017, bien au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE qui eux, totalisaient 22,3%.

Rattraper ses rivaux

La Corée a historiquement, et depuis quelques temps déjà, rattrapé le Japon sur certains domaines d’innovation, après avoir adopté le modèle du tout à l’économie de la connaissance en ciblant généralement des secteurs comme l’automobile, naval, et puis électroménager, nucléaire, biotechnologie et TIC. Dans certains secteurs, elle a même dépassé son pays voisin, le Japon (ainsi, dans les semi-conducteurs). Le Japon reste la référence mondiale historique sur une vaste gamme de produits essentiels. Mais la Corée du Sud l’a détrôné du rang de 2e acteur mondial derrière les États-Unis, grâce à sa position dominante sur le secteur spécifique des puces mémoires DRAM et NAND.

Ce dernier représente environ 30% du marché total des semi-conducteurs et les deux groupes coréens, Samsung Electronics et SK Hynix, disposaient d’une part de marché conjointe de 73% et 50% sur ces deux produits en 2018. C’est également le cas de l’électronique grand public et en particulier des écrans, dont le Japon était l’acteur dominant jusqu’à la fin du XXe siècle mais n’assurait plus que 16% de la production mondiale en 2016. Les deux industriels coréens, Samsung Display et LG Display, contrôlaient respectivement 24% et 20% du marché mondial en 2018. Ce qui fait de la Corée du Sud le plus grand fabricant d’électronique grand public et en particulier d’écrans de la planète.

Dans la R&D du biomimétisme

Dans le biomimétisme, un écosystème inexploité, c’est une comme une nappe pétrolière. Sauf que quand vous l’exploitez, vous ne la détruisez pas. Contrairement aux êtres humains, la nature a plusieurs centaines de milliers années de R&D derrière elle. La nature a fait évoluer les espèces animales et végétales pendant des années pour « obtenir » les caractéristique qui leurs permet de survivre dans leurs milieux de vie. Ou bien encore de ce nourrir plus facilement, d’être plus efficaces. Le principes du biomimétisme est de s’inspirer de la nature et d’appliquer sa logique, ces propriété aux technologie humaine. Si l’on procède ainsi il nous suffit de « copier » ce que la nature faits déjà. Cella nous permettra de gagné du temps, et économiser de l’argent. A la seul conditions que nous parvenions à comprendre comment la nature procéde.

Le biomimétisme appliqué à l’industrie

Sources

étudiant en design graphique et design industriel, passionné par la Corée sur toutes ses formes. et nous vous faisons découvrir ce pays merveilleux et sa culture chaque semaine.

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