Bombardement nucléaire de la Corée

Durant la guerre de Corée (1950-1953) et après « le miracle » de Noël du 25 décembre 1950 Pyongyang, qui est la capitale de la Corée du Nord, est intégralement rasé sous plus de 400 000 bombes américaines de 1950 à 1952. Si on rapporte ce chiffre au nombre d’habitants de la Corée du Nord, cela représente une bombe par habitant à l’époque. Et suite aux deux bombes japonaises, la question se pose pour le général MacArthur sur le bombardement nucléaire de la Corée.

La ville nord-coréenne de Wonsan attaquée par des bombardiers B-26 américains de la cinquième force aérienne, 1951
La ville nord-coréenne de Wonsan attaquée par des bombardiers B-26 américains de la cinquième force aérienne, 1951

C’est suite aux bombardements de Hiroshima et Nagasaki (6 août et 9 août 1945) que le président américain Harry Truman évoquera pour la première fois l’idée d’un bombardement atomique de la péninsule en décembre 1950. Le général MacArthur projeta même une trentaine d’attaques nucléaires en Mandchourie pour frapper les bases des soldats nord-coréens. Cependant, Truman va le remplacer par le général Ridgway pour cause de désaccord.

Comme indiqué dans les comptes rendus du conseil, tenus par l’administration américaine de l’époque, le président Harry Truman craignait alors le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale. Fin 1950, les troupes de l’Armée populaire de Corée, aidées par des volontaires chinois, ont reconquis une large partie de la Corée du Sud ce qui va faire paniquer les États-Unis. Le général MacArthur, à la tête des troupes des Nations Unies, surévalue le nombre de soldats chinois pour justifier le retournement de situation. Le président Harry Truman déclara dans une conférence de presse, donnée le 30 novembre 1950, que les États-Unis seraient susceptibles d’utiliser l’ensemble des armes disponibles dans leur arsenal, y compris l’arme nucléaire, ce qui mènerait aux bombardements nucléaires de la Corée et à sa destruction totale. Pour l’historien américain Bruce Cumings, c’est une menace brandie en situation d’urgence et pas d’un faux pas. Le même jour, l’aviation américaine a été ordonnée de se tenir prête à larguer des bombes atomiques en Extrême-Orient.

Les forces étrangères

Suite à la grande inquiétude du premier ministre britannique, Clement Attlee, de l’éventualité de faire usage de l’arme nucléaire, il va demander à rencontrer Truman et demande une promesse écrite pour la non utilisation de l’arme nucléaire.

Cependant Clement Attlee n’obtiendra rien, aucunes garanties écrites. Il devra se satisfaire d’une simple promesse orale de la part du président américain. Suite aux résultats peu fructueux obtenus, il va déclarer au premier ministre français que : « les menaces américaines d’utiliser la bombe atomique signifient que les Européens et Américains n’ont que peu de considération pour les vies asiatiques. »

Selon Attlee, une telle arme devrait être réservée à des cas très extrêmes et particuliers, et « certainement pas dans un conflit où les Etats-Unis sont confrontés à une puissance comme la Corée. » Attlee juge alors le bombardement nucléaire de la Corée comme étant une chose à éviter et à faire qu’en cas extrême, et de dernière nécessité.

Clement Attlee, contrairement aux autres membres du gouvrenement britannique, était vraiement angoissé par le plan du général MacArthur. Il est dit qu’a la remarque de Norman Brook, secrétaire du cabinet, que « la Corée est plutôt une obligation distante », il répondit : « Néanmoins, c’est une obligation. »

Le général MacArthur déclarera le 9 décembre 1950 qu’il souhaite avoir seul les pleins pouvoirs et le commandement des armes nucléaires. Le 24 décembre de la même année, il propose des cibles sur lesquelles il ferait usage de 26 bombes nucléaires. Avec 8 bombes en plus à lâcher sur les « forces d’invasion » et sur des « concentrations critiques de la puissance aérienne de l’ennemi ». MacArthur affirmera dans des entretiens publiés que finalement 30 à 50 bombes auraient pu suffire pour terminer la guerre « en dix jours seulement ».

L’usage d’autant de bombes aurait créé une ceinture radioactive de cobalt entre la mer de l’Est et la mer Jaune (le cobalt conserve pendant plusieurs années sa radioactivité et certains spécialistes affirment que la bombe C serait encore « capable de tuer » vingt ans après son explosion). Une telle concentration de matériel radioactif aurait empêché toute vie dans cette région, au moins humaine, entre 60 à 120 ans. Mais ces explosions auraient permis, selon le général MacArthur, d’interdire la pénétration de troupes chinoises et soviétiques par le Nord de la péninsule.

Une bombe par personne

Au même moment, les États-Unis multiplient les attaques aériennes, lâchant une très grande quantité de bombes sur les installations militaires et villes. Ils vont même faire l’usage massif de napalm, d’après l’historien Bruce Cumings. Entre 1950 et 1952 Pyongyang est intégralement rasé sous plus de 400 000 bombes américaines ce qui représente une bombe par habitant à l’époque.

En 1948, le général américain MacArthur avec le Premier ministre sud-coréen Syngman Rhee. (Photo AFP)
Le général MacArthur accompagné par Syngman Rhee (이승만 I Seung-man), homme d’État sud-coréen, 1948

Le 27 juillet 1953, l’armistice est signé entre les deux Corées. Pourtant, aucune des deux parties de la Corée n’a obtenu de cette guerre un gain territorial. Et aucun traité de paix n’a encore été ratifié. Les deux Corées sont considérées comme étant toujours en guerre et chaque moitié de la péninsule est toujours sous la coupe des Chinois, Russes et Américains.

Sources

étudiant en design graphique et design industriel, passionné par la Corée sur toutes ses formes. et nous vous faisons découvrir ce pays merveilleux et sa culture chaque semaine.

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