L’histoire de Dokdo

L’histoire des rochers Liancourt, c’est-à-dire des îles de Dokdo (독도 ; hanja : 獨島 ce qui signifie « île(s) solitaire(s) ». Le nom est parfois transcrit aussi « Tokto ») ou Takeshima (竹島) en japonais, divise depuis longtemps le Pays du Matin Calme et le Pays du Soleil Levant. Dokdo est un petit groupe d’îlots situés en mer de l’Est et contrôlés par la Corée du Sud, mais depuis l’invasion japonaise, revendiqués par le Japon. Dokdo fut la première partie du territoire souverain de la Corée à avoir été absorbée par le Japon alors que celui-ci envahissait les pays d’Asie au début du XXe siècle.

Photo paysage île de Dokdo
Les roches de Dokdo

Dokdo et sa géologie

Les roches qui composent Dokdo sont des roches volcaniques comme le trachyte et le magma basaltique alcalin qu’on trouve, entre autres au Géoparc national d’Ulleungdo-Dokdo (울릉도·독도 지질공원 Ulleungdo Dokdo jijilgongwon). Le sommet de Dokdo s’élève à 98,6 mètres au-dessus du niveau de la mer et il est relativement plat. Elles sont principalement habitées par des plantes herbacées. Les pentes vers la mer sont notamment des falaises d’une trentaine de mètres de hauteur, très abruptes et avec peu de végétation. Cela produit un dépôt de sol très mince et la terre fertile est très mince ou inexistante par endroit.

Le sommet de Seodo (서도) atteint une altitude de 168,5 mètres au-dessus du niveau de la mer et est composé de crêtes étroites et pointues. Cependant, la zone au sud-ouest, qui se situe à environ 100 à 140 mètres au-dessus du niveau de la mer, est plutôt plate et, en raison de la répartition partielle des dépôts de sol, elle est habitée aussi par des plantes herbacées (d’après Daegu Local Ministry of Environment, 2013).

Les premières traces de l’île

Les premières origines retrouvées remontent aux registres d’état des premières décennies du royaume de Silla (신라 ; 新羅) avec un règne du roi Jijeung (지증왕 ; 智證王 Jijeung Wang) entre 500 et 514. En recevant le rapport de son gouverneur Kim Isabu (김이사부 ; 異斯夫) qui vient de conquérir le royaume Usan-guk (우산국 ; 于山國), appelé aussi l’État d’Usan, plusieurs îles sont conquises et regroupées, dont Ulleungdo (울릉도 ; 鬱陵島) et probablement Dokdo. D’anciens registres font mention de deux îles visibles, l’une depuis l’autre, seulement un jour par an. Ces indications correspondent aux distances des actuelles îles d’Ulleungdo et Dokdo. Le Samguksagi (삼국사기 ; 三國史記), c’est-à-dire Mémoires historiques des Trois Royaumes compilés en 1145, mentionne une île autonome à plusieurs niveaux et sa plausibilité. Son intégration au royaume de Goryeo (고려 ; 高麗) a été faite en 930.

Il est dit que jusqu’au XVIe siècle, les îles furent un havre pour les pêcheurs mais aussi pirates, ainsi coréens que japonais. Après la série d’invasions japonaises de la Corée entre 1592 et 1598, plus connue dans l’histoire sous le nom de la guerre d’Imjin (임진왜란 Imjinwaeran), le Pays du Soleil Levant commença à réclamer son droit de Dokdo. Néanmoins, à partir du XVIIe siècle jusqu’à 1853, qui était une période de sakoku (鎖国), la politique isolationniste quand le Japon restait presque complètement fermé et avait peu de contacts étrangers, les cartes japonaises reconnurent Dokdo comme le territoire coréen.

Les origines d’une discorde entre deux pays

De récentes découvertes

Une coopération de trois chercheurs a ravivé les tentions entre la Corée du Sud et le Japon, mais elle a permis une meilleure analyse de l’histoire de Dokdo. Il s’agit de professeur de l’université nationale de Kyungpook (경북대학교 Gyeongbuk Daehakgyo), Nam Kwon-hee (남권희 Nam Gwon-heui), professeur de l’université de Toyama, Yukio Fujimoto (藤本 幸夫), et un professeur de l’université de Cheongju (청주대학교 Cheongju Daehakgyo) dans la province du Chungcheong du Nord (충청북도 Chungcheongbokdo), Kim Seong-su (김성수). Les chercheurs ont conjointement présenté une carte de la Corée datant du XIXe siècle, retrouvée au Japon en 2017. Elle indique précisément que les îlots de Dokdo font partie du territoire coréen.

Professeur Nam Kwon-hee a confirmé l’existence de ce qui semble être Dokdo sur la partie droite de l’île d’Ulleung en mer de l’Est sur une version colorée à la main de 1834. Cependant, ce qui s’appelle Daedongyeojido (대동여지도 ; 大東輿地圖), est une carte coréenne réalisée par le cartographe et géologue Kim Jeong-ho (김정호) en 1861 dans le royaume de Joseon (조선 ; 朝鮮) et elle n’a pas inclus Dokdo. Il est donc très probable que Kim Jeong-ho ait ajouté Dokdo à la main plus tard.

Cela fait des années que le Japon revendique continuellement sa souveraineté sur les îlots de Dokdo. Selon professeur Nam, le document aurait été créé entre 1864 et 1869 et appartenait à un Japonais. Initialement, c’était la propriété d’une bibliothèque de Pyongyang, maintenant la capitale nord-coréenne. Pourtant, personne ne sait aujourd’hui comment l’ouvrage s’est retrouvé au Japon. Sur la carte on peut voir le numéro de série de la bibliothèque ainsi que la date d’obtention par cette dernière le 30 août 1932. Il est considéré que la Bibliothèque nationale de la Diète de Tokyo possède un exemplaire de Daedongyeojido dessiné à la main et l’Institut de recherche pour les études coréennes (RIKS = Research Institute of Korean Studies) a une autre copie du bien culturel no. 638.

La version dessinée à la main de Daedongyeojido est une amélioration de la version originale sur planche en bois du cartographe coréen. Elle contient également 2 000 pièces additionnelles de données géographiques, architecturales et historiques que la version sur planche en bois n’offre pas.

Une anecdote culinaire

En avril 2018, le Ministère des affaires étrangères du Japon a demandé de… retirer un dessert du menu, prévu pour le sommet intercoréen entre le président de la République de Corée, Moon Jae-in (문재인 Mun Jae-in), et le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée, Kim Jong-un (김정은 Kim Jeong-eun). La source de ce trouble de voisinage étaient deux petits points sur la mousse de mango (nota bene sous le nom du « Printemps des nations ») qui présentait la carte de la péninsule de Corée. Évidemment, ces deux « taches » microscopiques ne symbolisaient que les îles de Dokdo. Le Japon n’a pas caché son mécontentement en disant que « c’est extrêmement regrettable » (Unjust dessert? Japan demands Koreans wipe map off summit dinner mousse, Reuters, 25 avril 2018). Toute la situation a été décrite de manière intéressante dans le livre Three Tigers, One Mountain: A Journey Through the Bitter History and Current Conflicts of China, Korea, and Japan par Michael Booth, publié en 2020.

Le dessert « problématique », servi lors du sommet intercoréen en avril 2018

Une tension pareille a eu lieu lors des Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang en 2018 quand le drapeau de la délégation commune des deux Corées a inclus les îles de Dokdo. Finalement, après l’intervention du Japon, cette version du drapeau a été modifiée. En juin 2021, aux Jeux Olympiques d’été de Tokyo, le Japon à son tour a diffusé la carte qui présentait la route du passage du Relais de la Flamme, les rochers Liancourt y compris.

Une belle réserve naturelle

Au 31 décembre 2019, le nombre de résidents officiels enregistrés de Dokdo était de 3 555. Le nombre d’habitants actuels est de 59 personnes : 14 résidents et une quarantaine de gardes, parmi lesquels trois gardiens de phare de Dokdo appartenant à l’administration portuaire maritime de Pohang (포항시 Pohangsi) et deux employés du bureau de gestion de Ulleung guncheong (울릉군청 Ulleung guncheong) à Dokdo.

En Corée du Sud et au Japon, Dokdo est défini comme une île ou un groupe d’îlots en fonction de la terminologie géographique. Cependant, Dokdo est classée comme un récif en vertu du droit maritime international. Selon la loi, ce sont des « îles où les gens peuvent vivre et être économiquement actifs ; roches inappropriées ». Mais la raison pour laquelle Dokdo n’est pas reconnue comme une île par le droit international est parce qu’il n’y a pas d’habitants qui y vivent de façon permanente. Par contre, Dokdo ne procède pas d’activité économique de manière interne. En d’autres termes, il est impossible de construire une ville sur cette île pour y vivre (United Nations Convention on the Law of the Sea).

Tourisme

En 1982, Dokdo a été désignée monument naturel no. 336 (zone de protection naturelle de Dokdo) et limitée à la divulgation sur la base de l’article 33 de la loi sur la protection du patrimoine culturel.

Il y a deux catégories de visiteurs, normals et d’entrée spéciale. Dans le premier cas, la portée de l’entrée est limitée au quai Dongdo (동도) et dans le second cas, elle correspond à l’entrée sur l’île :

  • Pour le visiteur normal : à partir de juin 2009, le nombre de visiteurs est limité à 470 personnes à la fois. En cas de déplacement par un ferry, la compagnie de ferry soumettra la liste des passagers à Yeongong-gun et le signalera collectivement. Il faut collecter le nom, le numéro de résident et les coordonnées personnelles. Évidemment, tout dépend des conditions météorologiques sur l’île. Il n’y a que 50 à 60 jours par an pour atterrir sur Dokdo.
  • L’entrée spéciale : l’entrée est autorisée en cas d’hébergement ou de séjour pour des raisons telles que l’organisation d’événements, à des fins administratives et académiques, des affaires judiciaires, la couverture médiatique, l’entretien des installations etc. Dans ce cas, il faut soumettre une demande d’entrée à Dokdo, une liste des demandeurs d’entrée à Dokdo et un plan détaillé indiquant le but, le contenu et l’équipement à faire entrer sur le territoire de Dokdo sept jours avant la date souhaitée d’arriver.

Informations cool sur l’histoire de Dokdo

  • À Dokdo, le réseau est plus stable que sur le continent. On peut dire que de l’île, il procède la meilleure qualité d’appel de Corée pour des raisons suivantes : Dokdo a peu de résidents et les trois fournisseurs télécommunication (SK, KT, LG) ont établi des stations de télécommunication étroites ce qui leur permet d’observer un marketing narrant la bonne qualité du réseau et des appels n’importe où en Corée. Au moment de la sortie de LTE en Corée du Sud, c’est à Dokdo que les operateurs SK, KT, LG ont consacré les tester de LTE (alors que habituellement les tests sont faits sur Séoul).
  • Le groupe Samsung a construit le musée Dokdo (독도박물관 Dokdo Bakmulgwan) à Dodongri (도동리) qui contient des informations sur Dokdo, des documents de réfutation et preuves détaillées que Dokdo fait partie du territoire de la République de Corée, avec notamment des reliques comme la carte de l’époque des Trois Royaumes (삼국접양지도 Samguk jeobyangjido).
Roche de la péninsule coréenne 한반도 바위
La roche Hanbando bawi (한반도 바위)

Sur le versant nord de l’île Dongdo (동도) sur Dokdo, il y a une falaise rocheuse nommée Hanbando bawi (한반도 바위) ce qui veut dire la « roche de la péninsule coréenne » vu sa forme particulière.

Sources

k-dokdo , yonap , newscj , dtoday , intodokdo , dokdo.mofa , dokdo-takeshima , dokdohistory , dokdo-takeshima , dokdo-takeshima , researchgate , sciencedirect , euronews , yonap2 , Reuters


étudiant en design graphique et design industriel, passionné par la Corée sur toutes ses formes. et nous vous faisons découvrir ce pays merveilleux et sa culture chaque semaine.

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