La Corée du Sud, objectif Lune

Même si on en entend peu parler, la Corée du Sud possède un programme spatial. Il regroupe l’ensemble des activités spatiales sud-coréennes. Le Pays au Matin Clair a commencé à développer son programme spatial à la fin des années 1980. En 1989, naît un centre d’expertise de satellites et simultanément, on voit émerger une industrie coréenne de recherches aéropostales faisant office d’agence spatial national.

Fusée sud-coréenne

C’est à la fin des années 1980, non loin du soulèvement de Gwangju (광주), que la Corée du Sud va vraiment commencer à se concevoir un programme spatial.

Contexte politique

La quatrième République (1972-1980) est un régime dictatorial en Corée du Sud avec au pouvoir le général Park Chung-hee (박정희 Bak Jeong-heui). Mais c’est le 27 août 1980 que Chun Doo-hwan (전두환 Jeon Du-hwan) va devenir président, et sous lequel va se développer un véritable programme spatial sud-coréen.

C’est dans ce contexte politique tendu et « à marche forcée » pour la République de Corée que l’objectif est fixé de répondre aux besoins de croissance du pays, d’acquérir de développer de nouvelles technologies qui permettraient de garantir un développement certain et permanent.

Ce sera sous la présidence de Roh Tae-woo (노태우 No Tae-u), plus précisément l’année suivant son élection (25 février 1988 – 24 février 1993), que va être créé un centre de recherches technologiques spatiales autour des satellites Satrec Initiative, au sein de l’Institut supérieur coréen des sciences et technologies (Korea Advanced Institute of Science & Technology = KAIST).

Du budget spatial

Dans les années 1990, le budget que dédie la Corée du Sud à son programme spatial, est de 40 millions de dollars américains. C’est donc un budget modeste. Mais cette somme va rapidement doubler, et même tripler. Un plan d’investissement est mis en place pour les décennies 1996-2015. Ce dernier prévoit un budget de 1 917 millions d’euros (192 millions par an).

Satellites : 1 046 millions d’euros
Lanceurs : 619 millions d’euros
Centre spatial de Naro : 252 millions d’euros

AnnéeBudget de KARI (en milliards de wons)
19909,1
199432,1
199878,3
2002121,4
2005220,3
2006318
2008363
2009325
2010365
2011274,8
2012295,7
2013392,4
2014450,4
2015600
2016688
Budget de KARI (en milliards de wons)

En 2012, le budget de l’Institut coréen de recherche aérospatiale (Korea Aerospace Research Institute = KARI) était de 194 millions de dollars, soit environ 0,017% du PIB sud-coréen, ou le plus bas parmi les nations spatiales.

Le développement d’un savoir-faire

Comme nous l’avons déjà vu dans de nombreux articles précédents, le développement de la connaissance est quelque chose de prioritaire pour la Corée du Sud. Et le développement de cette stratégie s’est mise en place à la même période. Il est mis en œuvre la création d’un pôle de compétences spatiales à la suite du succès de KITSAT-3 de 1999. Cela a mené à la création de la société Satrec Initiative (쎄트렉아이 Sseteuregai). Cette dernière est chargée de « la commercialisation de satellites et de charges utiles », et avait pour appui le pôle de compétences Satrec, présent à l’université KAIST.

Croissance du personnel du KARI

Le Pays au Matin Clair va graduellement se spécialiser, et développer une expertise dans les domaines de la miniaturisation des satellites divers, engins spatiaux, satellites de télédétection etc. Pour mener à bien se développer, l’État et ses organisations spatiales vont recruter massivement de nouveaux chercheurs chez KARI.

Les deux seules baisses de recrutements se retrouvent en 1997, ce qui correspond à la crise économique asiatique, et en 2008 à la deuxième crise économique mondiale.

Négociations et apprentissage

Plusieurs lancements ont déjà eu lieu en Corée, mais les lanceurs n’étaient pas de conceptions nationales. Le Pays au Matin Calme signe en 2001 le Régime de contrôle de la technologie des missiles, régime qui vise à contrôler la technologie de missiles, donc à limiter la prolifération des armes de destruction massive. En conséquence, certains lanceurs spatiaux peuvent également servir pour des armes de destruction massive.

Pourtant, cette signature de 2001 n’empêche pas le pays de négocier avec d’autres, par exemple avec la Russie en 2004. Diverses importations de technologie seront mises en place dans la durée ce qui permettra au pays de développer un lanceur national au fil du temps.

Un retard à rattraper

La Coée du Sud est aujourd’hui à la douzième place des classements de l’économie mondiale, avec pour PIB $1 804,68 (en milliards de dollars). C’est le pays le plus avancé technologiquement, avec des groupes parmi les plus grands du monde comme Samsung Electronics. En revanche, le secteur spatial sud-coréen est toujours resté à la traîner. Les autres pays d’Asie, quant à eux, ont développé des programmes spatiaux très avancés (la Chine, le Japon et l’Inde). Même la Corée du Nord cherche à développer ces secteurs.

Une première fusée spatiale de conception nationale

À la suite d’une tentative en 2021, qui s’est soldée par un échec, la Corée du Sud a marqué un nouveau pas dans son programme spatial. Le mardi 21 juin, sa première fusée spatiale, conçue nationalement, a bien pris son envol. Ce nouvel essai a eu lieu huit mois après l’échec du premier lancement qui s’est soldé par driverses complications.

Kia et Hyundai s’unissent pour la Lune

Un accord unique survient quelques semaines après le lancement réussi de la fusée à fabrication nationale. Le 27 juillet 2022, les deux conglomérats coréens, Hyundai et Kia, ont signé plusieurs accords de recherches entre eux, mais également avec six partenaires et instituts de recherches coréens. Le but pour les deux entreprises et leurs partenaires est de développer des solutions innovantes de mobilité qui permettraient une exploration plus facile de la surface de notre satellite. La voie qui semble avoir été sélectionnée, est la voie robotique. Une vision robotique commune ayant pour nom « Expanding Human Reach » :

Nous avons franchi la première étape vers la concrétisation de notre vision de la robotique et de notre concept de Métamobilité. Nous souhaitons étendre la portée de l’expérience de la mobilité humaine au-delà des moyens de transport traditionnels et au-delà des limites de la Terre afin de contribuer encore davantage au progrès de l’humanité et à la création d’un avenir meilleur.

a déclaré Yong Wha Kim, vice-président exécutif et directeur du centre de planification et de coordination de la R&D de Hyundai et Kia, dans un communiqué le 29 juillet 2022

Lors du CES 2022, Hyundai annonça et présenta sa vision de la robotique et de la « Métamobilité » avec pour but de dépacer les freins, et les limites du mouvement. Durant cet évènement, des images du robot d’exploration spatiale « SPOT » de Boston Dynamics ont été présentées.

Connecter deux mondes

Durant cette présentation, Hyundai explique : « vouloir utiliser la robotique pour connecter les mondes réel et virtuel et abolir les barrières entre ces deux univers ». Par exemple, une personne pourrait réaliser de la maintenance en usine depuis le métavers, et que la tâche soit réalisée in situ par un robot ultra performant, multitâche et omnipotent. Les robots présentés étaient ceux développés par Boston Dynamics dont le constructeur est récemment devenu propriétaire.

Hyundai imagine qu’une personne réalise des tâches de maintenance (ou d’autres) dans une usine à partir d’un métavers, et que ce soit un robot qui réalise en vrai ces tâches dans l’usine. Côté robot, Hyundai a mis à l’honneur ceux développés par Boston Dynamics (dont le constructeur s’est récemment emparé d’ailleurs).

De là à imaginer, la Corée du Sud a embarqué un robot de ce type sur la Lune dans le cadre de son programme spatial, et le guider depuis un métavers sur la Terre en direct, est une idée très séduisante, et qui paraît même crédible.

Sources

étudiant en design graphique et design industriel, passionné par la Corée sur toutes ses formes. et nous vous faisons découvrir ce pays merveilleux et sa culture chaque semaine.

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