Rencontre secrète avec Cho Nam-Joo : le cœur de son univers littéraire

Ce vendredi 20 mars 2026, Planète Corée eu l’honneur d’être invité par Robert Laffont au Centre Culturel Coréen pour un événement littéraire un peu spéciale : une rencontre avec l’autrice sud-coréenne Cho Nam-Joo (조남주), notamment connue pour son roman à succès Kim Ji-young, née en 1982

À l’occasion de la parution française de son recueil Miss Kim, fraîchement publié en février dernier, cette venue offrait une occasion rare d’échanger directement avec l’autrice. Elle permettait aussi de partager un moment privilégié autour de son univers littéraire.

Cho Nam-Joo en quelques mots

Née en Corée du Sud en 1978, Cho Nam-Joo est une écrivaine diplômée en sociologie de l’Université des femmes Ewha. Après ses études, elle décide de se consacrer pendant près de 10 ans comme scénariste pour des émissions d’actualité et de culture générale. C’est à la naissance de son enfant qu’elle décide de se tourner vers l’écriture, contrainte de couper court à sa carrière. Elle y trouve un espace pour exprimer ses réflexion sur la société et les questions de genre.

Très discrète, Cho Nam-Joo cultive une vie privée qu’elle protège soigneusement, loin des projecteurs. Ce certain mystère autour de sa personne rend alors ses rencontres et échanges d’autant plus rare, et encore plus précieux pour les lecteurs présents.

Rencontre exclusive : un moment privilégié avec l’autrice

Avant la rencontre publique, nous avons eu la chance d’accéder à un moment privilégié : une rencontre exclusive avec l’autrice. Direction le troisième étage du Centre Culturel Coréen, dans la galerie qui accueillait l’exposition sur la littérature coréenne « Le Pouvoir de Parler », tout juste clôturée le 28 mars dernier.

Après une brève introduction sur l’évolution de la littérature coréenne contemporaine depuis l’indépendance de 1945 et la diversité des voix qui la composent aujourd’hui, l’équipe du Centre a annoncé l’arrivée de Cho Nam-Joo. On nous a confié que l’envie de l’inviter bouillonnait depuis un petit moment. Mais entre la pandémie de Covid et les reports, sa venue a été repoussée plusieurs reprises. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que cette rencontre a finalement pu voir le jour. Le moment est donc devenu encore plus spécial, tant pour l’équipe du Centre que par les lecteurs présents.

Accompagnée de son interprète, Cho Nam-Joo s’est montrée à nous avec une grande simplicité et beaucoup d’humilité. Très vite, une atmosphère détendue s’est installée, rendant les échanges fluides et naturels, malgré la barrière de la langue.

Hors du cadre formel, cet échange en petit comité nous a permis de poser nos questions directement à l’autrice. L’ambiance était presque confidentielle. Un moment rare, où l’on pouvait vraiment prendre le temps d’écouter ses réponses et de découvrir sa manière de penser, d’écrire et d’appréhender le monde.

Comme un petit bonus qui fait toujours plaisir, nous avons également eu droit à un exemplaire dédicacé. Une touche finale parfaite pour clôturer cette rencontre déjà très spéciale.

Photographie en perspective rapprochée montre le livre Miss kim de cho nam joo. Un livre ouvert reposant sur une table en bois texturé. La page de droite contient un texte manuscrit en coréen : « 강의는, 즐거워 / 2026. 봄. / 김 승 수 ». En dessous, on peut lire le texte « Miss Kim ». La lumière du soleil éclaire les pages depuis le haut à droite, et des particules de poussière dorée flottent dans l'air. L'arrière-plan est légèrement flou.
Livre Miss KIM dédicacé

À l’heure de la rencontre publique

À 19h, les portes de l’auditorium du Centre s’ouvrent enfin. Progressivement la salle se remplit, au rythme de l’arrivée d’un public venu nombreux pour rencontrer Cho Nam-Joo. Si la billetterie était gratuite et ouverte à tous, la réservation était vivement recommandée, et on comprend vite pourquoi. Les places se sont envolées en quelques minutes. L’auditorium s’est rempli si vite que quelques chaises supplémentaires ont dû être ajoutées pour accueillir tout le monde.

Depuis le second rang, Planète Corée a eu le plaisir d’assister à cette rencontre particulière avec les lecteurs. La salle était pleine, portée par la bienveillance et l’écoute du public.

Pour rythmer la rencontre, Faustine Thivet assurait la modération. C’est elle qui à directement adressé des questions à Cho Nam-Joo pour faciliter les échanges avec le public.

Échanges et confidences avec Cho Nam-Joo

Pendant cet échange, de nombreuses questions ont été abordées, toutes aussi pertinentes les unes que les autres. La discussion s’est révélée particulièrement riche, oscillant entre parcours personnel, réflexion sociétale, anecdotes, et confidences sur son travail d’écriture.

Cho Nam-Joo est ainsi revenue sur son parcours personnel et sa prise de conscience. Elle a grandi presque exclusivement entourée de femmes, au lycée puis à l’université. Ce n’est qu’en entrant dans la vie active qu’elle a réellement pris conscience des différences entre hommes et femmes. Une expérience qui a influencé sa manière de voir le monde… et naturellement, sa manière d’écrire.

Féminisme et perspective de Cho Nam-Joo

L’autrice a également évoqué les thèmes qui traversent ses ouvrages, mais aussi sa façon très personnelle de choisir ses sujets. Elle parle de sa façon particulière de penser et de choisir un sujet. Mais aussi de la manière dont elle transforme ces réflexions en récits. Curieusement, en dépit de la complexité de ses romans, qui lui ont valu plusieurs prix, elle confie qu’elle ne ressent pas vraiment d’émotions en écrivant. Elle se décrit presque comme un robot, concentrée sur sa mission et sur les tâches à accomplir. Sa méthode très précise et structurée. Ce qui est amusant et paradoxal, c’est que malgré cette approche robotique, ses écrits sont vraiment vivants et sensibles. C’est sûrement cette rigueur qui les rend aussi justes et authentiques.

L’échange a également été l’occasion d’aborder l’évolution du féminisme en Corée du Sud. En tant qu’auteure reconnue pour ses romans engagés, Cho Nam-Joo constate un changement progressif dans la société. Elle note des avancées concrètes sur des sujets comme la maternité ou le harcèlement subi par les femmes. Pourtant, selon elle, le chemin vers l’égalité reste encore tumultueux.

Autour de Miss Kim

L’autrice est également revenue sur son recueil récemment publié en France, Miss Kim, paru aux éditions Robert Laffont. Il était initialement sorti en Corée du Sud en 2021 sous le titre Ce que nous avons écrit, Uri ga sseun geos (우리 가 쓴 것). En comparant les deux versions, elle confie apprécier la couverture française, qu’elle trouve fidèle à l’esprit du livre. Avec le recul, elle explique aussi que si elle devait publier l’ouvrage aujourd’hui, elle réfléchirait peut-être à modifier le titre coréen, qu’elle juge moins modeste.

Après plus d’une heure d’échange riche et passionnant, la parole a ensuite été donnée au public pour quelques questions supplémentaires. L’autrice en a profité pour partager une dernière confidence. Elle travaille déjà sur un nouveau projet littéraire, dont le premier jet est actuellement en cours. Une annonce qui a suscité beaucoup d’enthousiasme dans la salle.

Ce que nous a laissé cette rencontre

Pour Planète Corée, cette rencontre nous a permis de plonger directement dans l’univers de Cho Nam-Joo. Nous avons compris à quel point ses écrits ont de l’impact et jouent un rôle important dans la réflexion contemporaine sur la société.

Pour ma part, n’ayant pas encore lu Miss Kim, cette soirée m’a offert un vrai aperçu de son travail. Maintenant que je tiens mon exemplaire dédicacé, je sais que je vais le lire avec encore plus d’attention, en pensant à tout ce qu’elle nous a partagé.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

l’impact environnemental de la K-pop : L’infiltration invisible Nord Coréennes sanctuaire de Jongmyo, l’histoire d’une tradition Le développement à marche forcé de la Corée du Sud Virtuel K-pop