Guerre de Corée et DMZ

Les espoirs des Coréens de recouvrer leur indépendance après l’occupation japonaise (1945) ont vite été réduits à néant.

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1948 , la Corée du Sud, présidée par Syngman Rhee[1], a été occupée par les troupes américaines et la Corée du Nord, dirigée par Kim Il Sung[2] par les troupes soviétiques. Après le retrait des troupes étrangères, elles ont maintenu chacune leur régime.

Le 25 juin 1950, sans déclaration de guerre, les troupes nord-coréennes ont envahi la Corée du Sud ce qui a provoqué une intervention des troupes de l’ONU. Le conflit n’a cessé qu’avec l’armistice de Panmunjom en juillet 1953. 

Depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, les deux pays sont séparés par une zone démilitarisée (DMZ) de 4 à 6 km de large, située sur le 38e parallèle et longue de plus de 200 km.

Figure 10 : Zone démilitarisée Parc Imjingak – 한반도 비무장 지대, 임진각 공원 – ©pok-haneul

La présence américaine actuelle en Corée du Sud contribue à la stabilité de la péninsule : mais comme elle sert de prétexte aux innombrables incidents provoqués par la Corée du Nord, elle est également source de tensions.

Le dialogue intercoréen, qui ne s’est amorcé qu’en 1972, s’est accéléré en 1988. Cependant l’étape cruciale de la réconciliation n’a pas été franchie à cette occasion. Les relations ont même été complètement interrompues suite au bombardement d’un bateau sud-coréen en 2010. De plus, les deux présidents sud-coréens Lee Muyng-bak et Park Geun-hye n’étaient pas favorables à la restauration des relations entre les deux Corées.

Les Coréens sont très sensibles à la réunification de l’Allemagne : ce thème revient régulièrement dans tous les musées, expositions et manifestations. Néanmoins contrairement à l’Allemagne, la Corée n’a pu être, jusqu’à nos jours, réunifiée : coupée en deux à la suite des conflits et en raison des fluctuations de la conjoncture politique, elle reste un des seuls pays divisés à ce jour, avec l’Irlande et Chypre.

Figure 11 : Zone démilitarisée Tunnel Numéro 3 – 한반도 비무장 지대, 제 3땅굴 – ©pok-haneul

Les sexagénaires qui ont laissé de la famille en Corée du Nord sont globalement favorables à la réunification.

Le nouveau départ (새로운 시작)

L’élection du président Moon Jae-In en mai 2017 a relancé tous les espoirs sur le sujet de la relation entre les deux Corées. a constitution d’une équipe coréenne unifiée lors des Jeux Olympiques de Pyeongchang en février 2018 était déjà un signe fort. Mais le rapprochement historique des deux Corées est intervenu le 27 avril 2018, avec cette rencontre très symbolique des deux présidents Moon Jae-in et Kim Jong-un sur la DMZ. Les Coréens ont désigné cet événement par le vocable « Nouveau départ » (새로운 시작)

©Korea Summit Press Pool / Korea Summit Press Pool/AFP

La jeune génération sud-coréenne se pose naturellement des questions : si le rapprochement des deux Corées est inéluctable, la réunification parait très compliquée. L’écart économique entre les deux Corées est énorme et après 67 ans de séparation[3] , le lien avec les familles restées en Corée du Nord s’estompe progressivement.

[1] Le président actuel est Moon Jae-in, successeur de Park Geun-hye.

[2] La Corée du Nord est actuellement dirigée par Kim Jong-un.

[3] Créées en 1949, les deux Allemagnes ont été réunifiées après 41 ans (environ deux générations).

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