Le mukbang

Qu’est-ce que le mukbang ?

Quand on décompose le mot mukbang* (먹방 romanisation révisée : meokbang), il vient de la forme attributive du verbe « manger (먹다 meokda) », qui est meokneun (먹는), allié avec le nom bangsong (방송) qu’on peut traduire comme « en direct ». Vous l’aurez compris, c’est le phénomène de manger en direct sur les réseaux sociaux. Cette pratique est née au début des années 2010, cinq ans à la suite de la naissance de YouTube.

En quoi consiste le mukbang ? Le principe consiste à ingurgiter un maximum de nourriture face à son audience, en directe ou non, et d’interagir avec le public. Le phénomène, bien que né en Corée du Sud, s’est aujourd’hui grandement popularisé. On le retrouve sur des plateformes comme Twitch qui ont introduit la nouvelle catégorie « l’alimentation sociale » pour mettre en avant ce nouveau phénomène et partager un « moment de repas » avec leurs abonnés sur YouTube. Bien sûr, cette pratique ne respecte pas la plupart du temps les us et coutumes de la gastronomie coréenne.

Le majorité des personnes pratiquants le mukbang sont des personnes célibataires. La solitude leur donne une bonne raison de partager ce petit moment de vie quotidienne avec leur audience, leur public sur la toile. Ce moment leur permet aussi de prendre un petit instant pour discuter avec leur communauté, mais également un instant précieux pour se faire connaître et gagner en notoriété sur les plateformes. Certains deviennent de vraies superstars et sont même considérés comme professionnels dans le milieu comme la célèbre Park Seo-yeon (박서연 Bak Seo-yeon), qui est devenue une icône de cette activité. 

Origines

Les origines de cette pratique remontent en 2009 en Corée du Sud où pour la première fois le service de streaming AfreecaTV a diffusé ce type de contenu sur plusieurs chaînes 2 live. Mais avant que cela devienne une tendance, c’est déjà un phénomène planétaire. Par la suite, le phénomène s’est emparé de plusieurs chaînes de télévision, également des chaînes de câble et ensuite s’est étendu sur d’autres réseaux sociaux.

 Un programme très rentable 

Le coût de préparation de ce type de programme est très rentable pour les chaînes de télévision. En effet, c’est la programmation qui met l’accent sur l’attrait de la personne qui prépare la nourriture devant sa caméra, et de la dégustation de cette préparation. Une organisation, un investissement, c’est une somme toute relativement minime par rapport au coût habituel de production de programmes télévisés culturels ou de divertissement.

Quelques controverses 

Dans le cadre des mesures nationales globales de gestion de l’obésité, en juillet 2018 et au motif que l’obésité a augmenté de façon significative en Corée du Sud ces dernières années, le gouvernement annonce des directives concernant la pratique du mukbang. C’est parce qu’il aurait tendance à introduire des comportements de frénésie alimentaire à certains spectateurs, et cela pourrait nuire à la santé publique du pays. 

Une image diffusée en 2019 par un groupe pharmaceutique sud-coréen, Daewoong Pharmaceutical (대웅제약 Daeung jeyak), où il est écrit : « Les programmes mukbang ont un impact sur la santé (먹방 프로그램이 건강에 끼치는 영향 Meokbang peurogeuraemi geongange kkichineun yeonghyang) ».

Des protestations s’en suivent sur les réseaux sociaux, le Ministre de la Santé et du Bien-être de la Corée du Sud et le siège du gouvernement vont même jusqu’à recevoir des protestations, et même une quarantaine de pétitions contre la réglementation du mukbang. Ces pétitions reprochaient que le gouvernement sud-coréen « portait atteinte à la liberté individuelle, et qu’il n’y avait pas de corrélation entre la pratique du mukbang et la frénésie alimentaire ».

Pourtant, en mars 2020 certaines émissions de mukbang ont été encouragées par leurs plateformes d’hébergement, très populaires en Asie, comme Kuaishou ou encore Douyin, qui pourraient avoir favorisé certains comportements à risque sanitaire et épidémique.

En 2016, un pratiquant de mukbang a mangé en live une nourriture peu conventionnelle pour les pays d’Asie, à savoir une soupe de chauve-souris. D’autres aliments tels que des escargots africains, des grenouilles, des rats chinois ont alors pu être ingérés en live. Ces pratiques peuvent comporter un risque sanitaire, bactérien, ou encore comporter des parasites ou virus sauvages.

Addenda

  • *Nous rappelons que nous essayons d’utiliser conséquemment dans nos articles la romanisation révisée du coréen. Cependant, dans les cas où les noms propres connus ont été romanisés selon la transcription McCune-Reischauer, ou ont été transcrits en fonction d’autres méthodes, nous gardons la version déjà diffusée pour des raisons pratiques.

étudiant en design graphique et design industriel, passionné par la Corée sur toutes ses formes. et nous vous faisons découvrir ce pays merveilleux et sa culture chaque semaine.

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