Les Trois royaumes de Corée : Koguryo, Baekje et Silla

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Portrait de défunt, mur ouest de la chambre funéraire, tombe n°3 d’Anak, Goguryeo, 357, in situ (Pyongyang). Crédit photo  domaine public.
Portrait de défunt, mur ouest de la chambre funéraire, tombe n°3 d’Anak, Goguryeo, 357, in situ (Pyongyang). Crédit photo domaine public.

Les trois royaumes de Corée, Koguryo (고구려), Baekje (백제) et Silla (신라), sont de puissants États apparus dans la péninsule coréenne au cours du IVe siècle. Ces royaumes ont joué un rôle important dans le façonnement du paysage culturel, politique et économique de la Corée pour les siècles à venir. Aujourd’hui cette periode est peu mise en avant dans les livres d’histoires, ou même dans la Hallyu. Dans cet article, nous allons explorer chacun de ces royaumes en détail, en soulignant leurs caractéristiques uniques, leurs réalisations et leurs contributions à l’histoire coréenne.

Les royaume de Corée

Les Trois Royaumes de Corée et leur expansion vers 375 ap. J.-C.<br>Gaya, en jaune, est annexé par le royaume de Silla au vie siècle.
Les Trois Royaumes de Corée et leur expansion vers 375 ap. J.-C.
Gaya, en jaune, est annexé par le royaume de Silla au vie siècle.

La date de commencement de la Période des Trois Royaume fait débat de la part des spécialistes, en fonction du crédit donné à diverses sources qui peuvent être contradictoires.

Certains auteurs retiennent ainsi la date de 57 av. J.-C. comme point de départ. S’il faut en croire le Samguk sagi (삼국사기), rédigé en 1145 par un descendant de la famille royale de Silla cette date est celle où une partie de la confédération de Jinan se donna un roi unique, le roi Park Hyeokgeose (박혁거세 거서간), roi de Saro (사로) renommé Silla en 503, qui deviendra ensuite royaume de Silla. Elle serait la première des confédérations Samhan à faire ce choix du monarque unique. Ce texte place la fondation de Koguryo en 37 av. J.-C. par le roi Jumong (주몽), et la fondation de la royauté Baekje en 18 av. J.-C. par le roi Onjo, les trois royaumes existant de jure et de facto à cette date.

Ces royaumes sont nés du rassemblement de tribus locales, qui en s’agrégeant ont progressivement choisi d’installer le centre des pouvoirs locaux dans des puissantes villes fortifiées. Celles-ci se sont ensuite regroupées pour former des entités politiques, sous la forme de confédérations de cités. Progressivement, elles adoptèrent un régime monarchique pour se gouverner. Les trois royaume de Corée ne doit pas être confondu avec les Trois Royaumes de Chine.

Koguryo

Koguryŏ/Koguryo (고구려), l’un des Trois Royaumes de Corée, a existé de 37 avant J.-C. à 668 après J.-C. et était le plus grand des proto-États coréens.

Histoire et Origines

Roi Jumong 주몽 fondateur du royaume coréen de Koguryŏ en 37 av. J.-C
Roi Jumong 주몽 fondateur du royaume coréen de Koguryŏ en 37 av. J.-C

Koguryŏ a été fondé en 37 avant J.-C. par Jumong, également connu sous le nom de Ch’umo, qui est considéré comme l’ancêtre national et le fondateur de la dynastie royale. Le royaume a connu une expansion rapide et a dominé une vaste région allant de la Mandchourie centrale au sud de Séoul.

Politique et Société

Koguryŏ était caractérisé par une structure politique et sociale complexe. Le royaume avait des relations diplomatiques, militaires et commerciales avec diverses dynasties chinoises ainsi qu’avec le Japon. Les institutions sociales incluaient des pratiques telles que le mariage lévirat1, et le royaume avait une administration nationale et provinciale bien développée.

Culture et Religion

Bien que le bouddhisme ait été dominant pendant la période des Trois Royaumes, le confucianisme jouait également un rôle important dans la culture de Koguryŏ. Les traditions confucéennes et les caractéristiques locales se manifestaient dans des institutions comme les Hwarang de Silla. Les tombes royales et les peintures murales de Koguryŏ, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, témoignent de l’importance de l’architecture et de l’art dans ce royaume.

Achievements et Héritage

Koguryŏ est célèbre pour ses réalisations militaires et ses réformes administratives. Le roi Gwanggaeto, en particulier, est connu pour ses conquêtes et ses réformes, comme en témoigne la stèle de Gwanggaeto. Le royaume a également joué un rôle crucial dans la transmission culturelle entre la Chine et le Japon, notamment en matière de pensée bouddhiste et d’art.

Fin du Royaume

Koguryŏ a finalement succombé à la subversion et à l’invasion en 668 après J.-C., marquant la fin de son existence en tant qu’État indépendant. Cependant, son héritage a perduré, influençant les dynasties et les cultures qui ont suivi dans la région.En résumé, Koguryŏ était un royaume puissant et influent qui a laissé une empreinte durable sur l’histoire et la culture de la Corée et de l’Asie de l’Est.

Baekje

Baekje, l’un des Trois Royaumes de Corée, a existé de 18 avant J.-C. à 660 après J.-C. et était situé dans la partie sud-ouest de la péninsule coréenne.

Histoire et Origines

Baekje a été fondé par Onjo (온조왕/溫祚王), le troisième fils de Jumong, le fondateur de Koguryŏ. Le royaume a d’abord établi sa capitale à Wiryeseong (actuelle Séoul), avant de la déplacer à Ungjin (actuelle Gongju) et finalement à Sabi (actuelle Buyeo) pour des raisons stratégiques et politiques.

Politique et Société

Baekje était connu pour ses relations diplomatiques et commerciales étendues avec la Chine, le Japon et d’autres royaumes coréens. Le royaume a joué un rôle crucial dans la transmission de la culture et de la technologie, notamment le bouddhisme, entre la Chine et le Japon. La structure sociale de Baekje était hiérarchisée, avec une noblesse puissante et une administration bien organisée.

Culture et Religion

Le bouddhisme a été introduit à Baekje au IVe siècle et est devenu une partie intégrante de sa culture et de sa religion. Le royaume est célèbre pour ses réalisations artistiques et architecturales, notamment les temples bouddhistes, les pagodes en pierre et les tombes royales. Les reliques de la tombe du roi Muryeong, par exemple, montrent l’influence artistique et culturelle de Baekje.

Achievements et Héritage

Baekje a été un centre de développement culturel et technologique. Le royaume a développé des techniques avancées de poterie et de construction, comme en témoignent les sites historiques de Gongju, Buyeo et Iksan, qui sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Baekje a également contribué à la diffusion du bouddhisme et de la culture coréenne au Japon, influençant profondément la culture japonaise.

Fin du Royaume

Baekje a été conquis par les forces alliées de Silla et de la dynastie Tang en 660 après J.-C., marquant la fin de son existence en tant qu’État indépendant. Cependant, son héritage culturel et historique a perduré, influençant les dynasties et les cultures qui ont suivi dans la région.

En résumé, Baekje était un royaume influent et culturellement riche qui a joué un rôle crucial dans l’histoire de la Corée et de l’Asie de l’Est.

Silla

Statue du fondateur de la dynastie Silla Bak Hyeokgeose (혁거세)
Statue du fondateur de la dynastie Silla Bak Hyeokgeose (혁거세)

Silla, l’un des Trois Royaumes de Corée, a existé de 57 avant J.-C. à 935 après J.-C. et a joué un rôle crucial dans l’unification de la péninsule coréenne.

Histoire et Origines

Silla a été fondé par Bak Hyeokgeose en 57 avant J.-C. dans la région sud-est de la péninsule coréenne. Le royaume a commencé comme une confédération de petites villes-états avant de se consolider en un royaume centralisé. Silla est connu pour avoir finalement unifié les Trois Royaumes de Corée en 668 après J.-C., après avoir conquis Baekje et Koguryŏ avec l’aide de la dynastie Tang de Chine.

Politique et Société

Silla était divisé en neuf provinces pour une administration efficace, avec une capitale située à Gyeongju. Le royaume a maintenu des relations diplomatiques et militaires étroites avec la Chine, adoptant et adaptant de nombreuses institutions chinoises à ses propres besoins. Après l’unification, la capitale de Silla s’est considérablement étendue, et le royaume a connu une période de stabilité et de prospérité.

Culture et Religion

Le bouddhisme a été introduit à Silla au IVe siècle et est devenu une partie intégrante de sa culture et de sa religion. Le royaume est célèbre pour ses réalisations artistiques et architecturales, notamment les temples bouddhistes, les pagodes en pierre et les tombes royales. Les statues funéraires en pierre de la période Silla unifiée, comme celles trouvées dans la tombe du roi Sŏngdŏk, témoignent de l’influence artistique et culturelle de Silla.

Achievements et Héritage

Silla a été un centre de développement culturel et technologique. Le royaume a développé des techniques avancées de poterie et de construction, et a joué un rôle crucial dans la transmission de la culture et de la technologie entre la Chine et le Japon. Les Hwarang, une élite de jeunes guerriers, sont un exemple de l’intégration des valeurs confucéennes et bouddhistes dans la société de Silla.

Fin du Royaume

Silla a finalement décliné en raison de conflits internes et de pressions externes, et a été remplacé par la dynastie Goryeo en 935 après J.-C. Cependant, son héritage culturel et historique a perduré, influençant les dynasties et les cultures qui ont suivi dans la région.En résumé, Silla était un royaume influent et culturellement riche qui a joué un rôle crucial dans l’histoire de la Corée et de l’Asie de l’Est.

Gaya

Gaya était une confédération de cités-États situées dans la région sud-est de la péninsule coréenne, centrée autour de la vallée du fleuve Nakdong. Bien que les origines exactes de Gaya soient incertaines, les preuves archéologiques suggèrent que la confédération a émergé vers le 1er siècle avant J.-C. Gaya a atteint son apogée entre les 4ème et 6ème siècles après J.-C., avant d’être finalement conquise et annexée par le royaume de Silla en 562.

Politique et Société

Gaya était une alliance décentralisée de cités-États autonomes plutôt qu’un royaume unifié. Chaque cité-État était dirigée par un chef ou un roi local. Cependant, il existait une hiérarchie parmi les cités-États, avec Geumgwan Gaya comme centre politique et culturel dominant. La société de Gaya était stratifiée, avec une classe aristocratique au sommet.

Culture et Réalisations

Gaya était connue pour sa riche culture matérielle, notamment sa poterie sophistiquée et son travail du fer avancé. Les tombes royales de Gaya, comme celles de Daereungwon à Gimhae, contiennent de nombreux artéfacts précieux témoignant de l’art et de l’artisanat développés de la confédération. Gaya a également joué un rôle important dans la transmission de la culture et de la technologie entre la Chine et le Japon ancien.

Héritage

Bien que Gaya ait été finalement conquise par Silla, son héritage culturel a perduré et influencé les dynasties coréennes ultérieures. De nombreux aspects de la culture de Gaya, comme sa poterie et son travail du métal, ont été intégrés dans la culture de Silla unifiée. Les récentes découvertes archéologiques et génétiques ont également mis en lumière la diversité et la complexité de la population de Gaya.En résumé, Gaya était une confédération culturellement riche et influente qui a joué un rôle clé dans l’histoire ancienne de la Corée et de l’Asie de l’Est, malgré sa disparition en tant qu’entité politique indépendante.

Batailles entre royaumes

  1. 5e-6e siècle : Début de la période des Trois Royaumes.
  2. Koguryo et Baekje :
    • 598-612 : Guerre des cinq royaumes. Koguryo et Baekje s’affrontent à plusieurs reprises.
    • 673 : Le roi Munmu de Silla conquiert Koguryo.
  3. Koguryo et Silla :
    • 598-612 : Guerre des cinq royaumes. Koguryo et Silla continuent de se battre.
  4. Baekje et Silla :
    • 598-612 : Guerre des cinq royaumes. Baekje et Silla sont également en conflit.
    • 737 : Le roi Seongmu de Baekje conquiert Silla.
  5. Gaya :
    • Gaya, est un royaume mineur, est souvent conquis par les trois autres royaumes (Koguryo, Baekje, Silla).
    • 649 : Gaya est annexé par Silla.

Addenda

  1. Lévirat : Le lévirat est un type particulier de mariage où un frère d’un défunt épouse sa veuve afin de poursuivre la lignée de sa famille. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari. ↩︎

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