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La Corée du Sud a connu un développement fulgurant sur les plans économique, technologique et culturel. Malgré tout, elle reste traversée par de profondes tensions sociales concernant la place des femmes. Le pays se classe parmi les plus avancés d’Asie, pourtant les attitudes envers l’égalité des genres évoluent particulièrement lentement. En 2015, la Corée figurait dernière sur le classement du plafond de verre de l’OCDE.
Aujourd’hui, les femmes coréennes ne représentent que 15,7 pourcents des sièges au parlement. En parallèle, en France, c’est 36,4 pourcents en 2024. Cette sous-représentation est davantage mise en lumière par la performance académique statistiquement supérieure des femmes coréennes par rapport aux hommes. Elles obtiennent de meilleurs résultats aux examens nationaux et décrochent plus de diplômes universitaires. Pourtant, un système de quotas “neutre” a été instauré afin de garantir que les candidats masculins occupent au moins 30 pourcents des sièges dans certains secteurs de la fonction publique ou diplomatique. Cela met en exergue la persistance évidente des inégalités de genres en Corée du sud.
Les bases du ressentiment masculin en Corée du sud
Pour comprendre la montée de la misogynie en Corée, il est pertinent de revenir sur la fin du XXe siècle. Elle est marquée par des crises économiques et des réformes qui ont profondément modifié le marché du travail. Suite à la crise financière de 1997, la précarisation de l’emploi a entraîné une compétition accrue entre hommes et femmes.

De plus, jusqu’en 1999, les hommes coréens bénéficiaient d’un système de points “bonus” lors des concours de la fonction publique. Cela en compensation de leur service militaire obligatoire. Seulement, cette mesure jugée discriminatoire envers les femmes et les handicapés est abolie en 1999. Cette abolition provoque un sentiment d’injustice chez de nombreux hommes. Aussi, des politiques de quotas et d’ouvertures favorables aux femmes ont été introduites au sein de secteurs traditionnellement masculins.
Dans le contexte mentionné, marqué par le chômage et la concurrence accrue, ces réformes ont renforcé l’idée que les femmes bénéficient de privilèges institutionnels au détriment des hommes. Eux seraient confrontés au chômage, au service militaire et au désengagement de l’État. Ce discours est devenu le socle des mouvements pour les « droits des hommes” (men’s rights activism) et d’une polarisation genrée de plus en plus visible.
Le populisme selon Mudde
Le politologue Cas Mudde, spécialiste du populisme, propose le cadre d’analyse suivant : selon lui, le populisme repose sur un “peuple pur” et une « élite corrompue ».
Les féministes et les institutions internationales, perçues comme vecteurs d’idéologie occidentales, ont été associées à cette « élite corrompue ». Les jeunes hommes coréens, en revanche, se sont identifiés au “peuple pur”, s’estimant victimes d’une injustice. Ce schéma permet d’expliquer en partie la montée du discours misogyne au sein de la sphère publique et numérique.
Les forums en ligne extrémistes et polarisant
L’internet sud-coréen, particulièrement développé, est devenu le terrain privilégié de cette confrontation. Cette dernière est illustrée par deux communautés emblématiques qui illustrent la radicalisation de ce débat : Megalia (메갈리아) et Ilbe (일베저장소). Megalia est un courant féministe radical. Le nom désigne également un forum actif surtout en 2015. Ce dernier a servi de point de rassemblement au mouvement. mais il n’existe plus aujourd’hui sous la même forme. Ilbe, quant à lui, est un forum extrémiste.
Megalia
Megalia est né en 2015 sur le forum masculin DC inside. C’est un mouvement féministe en ligne connu notamment pour sa stratégie du “mirroring”, c’est-à-dire la reproduction mot pour mot de propos misogynes en inversant les genres (même rhétorique, même tactiques, même technologie).
Ce mouvement est apparu suite à l’épidémie du MERS (Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient), dont la couverture médiatique avait injustement jeté la pierre à deux femmes, déclenchant ainsi une vague de haine sur DC inside. En réaction, les Megalians (partisans du mouvement Megalia) ont alors créé des publications parodiques en inversant les rôles (le sujet femme est remplacé par un sujet homme), mettant ainsi en lumière la violence normalisée du discours masculiniste. Le logo est d’ailleurs la “crab hand”, un geste offensif signifiant que les hommes coréens ont de petites parties génitales.

Un exemple particulièrement frappant concerne un message pédophile publié par un enseignant sur Ilbe, un site d’extrême droite à prédominance masculine.
Ce message a ensuite été repris mot pour mot sur Megalia par une utilisatrice, provoquant immédiatement un scandale public. Les informations personnelles et réseaux sociaux de l’utilisatrice ont été traqués, exposés. Suite à cela, cette dernière a subit une humiliation publique. Pourtant, le professeur à l’origine du réel fait criminel n’a fait face à aucune conséquence juridique ou sociale. Ce double standard révèle la perception différenciée de la violence verbale selon le genre de l’émetteur.
Aussi, une des caractéristiques importantes de Megalia est l’usage de l’anonymat. C’est aussi le cas sur Ilbe ou encore Soranet, où les serveurs et systèmes de protection cloud sont basés à l’étranger. Par conséquent, seule une vérification email est nécessaire. Cela a permis aux utilisateurs de la plateforme de dénoncer plusieurs cas de violence sexuelle et des discriminations.
Un mouvement polarisant
Tout de même, Megalia, par les tactiques qu’elle utilise, reste une plateforme particulièrement controversée. Les tactiques sont utilisées pour mettre en lumière la violence quotidienne des propos misogynes. Cependant, elles prônent, de la même manière qu’Ilbe la colère et la violence de manière non éthique et extrême par sa rhétorique provocatrice. De plus, l’usage violent de la “technologie douce” (twitter, forums en ligne) par la plateforme est particulièrement critiqué.
En un sens, cette perception même de Megalia et cette indignation soulève encore une fois la question de la différence de perception par la société de messages haineux en fonction de l’émetteur (homme ou femme)… Les messages publiés par Megalia choquent et font l’objet de vives controverses. Dans l’autre sens, les plateformes comme Ilbe semblent plus “normalisées” ou du moins bien moins choquantes.
Ilbe

A l’opposé, Ilbe se présente comme une communauté “satirique” d’extrême droite, rassemblant des hommes jeunes et conservateurs. Derrière la couverture de l’humour, Ilbe propage un discours haineux à l’égard des femmes, des immigrés, des progressistes, et même des habitants de la région de Jeolla-do, réputée libérale. Les utilisateurs y emploient un langage violent : par exemple, ils ont surnommé les victimes du naufrage du Ferry Sewol “오뎅” (fish cake), tournant ainsi en dérision une tragédie nationale.
L’anonymat poussé à l’extrême, l’absence d’honorifiques et la culture de l’auto-dérision font d’Ilbe un espace d’expression désinhibé ou la misogynie se confond avec la satire politique.
Origines
Ilbe est une abréviation de “Ilgan best” (Daily best/meilleurs publications du jour). C’est à l’origine une section du forum coréen DC inside. Un utilisateur nommé “moemyeongsu” crée Ilbe en 2009, comme site d’archivage des contenus nuisibles et scandaleux (memes NSFW, photos de célébrités retouchée, rumeurs non vérifiées) qui risquaient d’etre supprimés sur Co-Gal*. Les utilisateurs adeptes de ces contenus ont alors rapidement migré sur Ilbe. Le site évolue en forum indépendant en 2011, et est dirigé par différents administrateurs issus de la communauté. Sa transformation en un forum web indépendant et anonyme, comparable à 4chan, où les utilisateurs peuvent s’exprimer librement sans craindre de répercussions sociales, a largement favorisé son essor. Ilbe comptait plus de 2 millions d’utilisateurs en 2015. Cependant ce chiffre a particulièrement diminué l’année suivante, suite au scandale de Park Geun-hye.
Ilbe se distingue d’autres forums par l’usage de l’anonymat strict et la modération limitée des utilisateurs (comparable à 2channel et 4chan).
Il se définit par une identité d’exclus, de “perdants”, comme précédemment expliqué dans le contexte du populisme et de l’idée d’un “peuple pur” opposé à l’élite corrompue. En effet, le site se définit comme marginal face à la domination de la gauche sur les forums coréens.
Exemples de cas et publications révélatrices du phénomène Ilbe
- Roh moo-hyun (노무현) (16e président libéral de Corée du sud) se suicide en 2009 – plusieurs memes et propos irrespectueux concernant son suicide sont publiés. Plusieurs publications et commentaires utilisent “no” (nom de famille de Roh Moo-hyun) à la fin des phrases pour se moquer.
- Victimes du naufrage de ferry sewol : parmi celles-ci, de nombreux lycéens viennent de Danwon High School. Ainsi, de nombreuses publications tournant au ridicule les victimes et leurs proches émergent sur ILBE. Aussi, au-delà des posts et commentaires sur le web, les moqueries prennent une dimension réelle. Les utilisateurs d’ILBE mangent devant les parents des victimes (qui sont alors en grève de la faim).
- “J’ai mangé mes amis” (2015) – un utilisateur a publié en 2015 une photo de lui en train de manger du eomuk (gâteau de poisson) tout en portant un uniforme du lycée Danwon et en faisant un geste associé à Ilbe.
Le message sous-entendait que le eomuk serait fabriqué à partir de poissons ayant consommé les corps des lycéens disparus lors d’un naufrage, insinuant ainsi qu’ils contiendraient leurs restes.
Suite à cette publication, l’utilisateur a été arrêté et poursuivi pour diffamation et outrage. - Haine, harcèlement, agressions sexuelles, photos nues sans consentement, hacking, menaces de mort… – Ilbe est reconnu comme un “fléau social” en 2017 en Corée du sud.


Plusieurs évènements parlants
Au-delà seulement des commentaires et forums en ligne, plusieurs évènements ont cristallisé ces tensions.
En 2013, Seong Jae-gi, président du mouvement masculiniste “men’s solidarity”, s’est suicidé en direct en sautant du pont Mapo (마포대교) à Séoul pour protester contre les politiques en faveur des femmes. Il demandait notamment la suppression du ministère de l’égalité des sexes, qu’il jugeait inutile. Il demandait aussi la reconnaissance des “sacrifices” masculins. Son geste a alimenté le discours victimaire des hommes sud-coréens. Pour des utilisateurs comme ceux d’Ilbe, il est un héros de la cause masculiniste.
Un autre cas pertinent à mentionner est celui du meurtre de Seocho-dong (서초동). Ce dernier a relançé le débat sur la misogynie. Une femme a été poignardée à plusieurs reprises par un homme affirmant haïr les femmes. Il disait en avoir assez que celles-ci l’ignorent toute sa vie. Le crime a eu lieu dans un bar de karaoké (noraebang ; 노래방). La question de qualifier celui-ci comme acte contre les femmes pose débat. S’agissait-il d’un meurtre à caractère misogyne ? En Corée, le crime est perçu et traité (à travers le mémorial)* comme tel par beaucoup de femmes. Selon Hong Seong-soo, professeur de droit dans une université féminine (숙명여자대학교), “cette affaire ne concernait pas seulement « n’importe qui », mais « toute femme », donc il n’est pas déraisonnable de considérer cela comme un crime misogyne”.
Le molka (몰카)
Le molka (몰카) désigne en Corée du sud la pratique de voyeurisme consistant à filmer des personnes, généralement des femmes, à leur insu. Des caméras sont généralement installées dans les cabines d’essayages, les transports en commun, et même les toilettes publiques. Les images sont ensuite proposées en téléchargement sur des sites spécialisés et utilisées pour la publicité de plateformes liées aux jeux d’argent et à la prostitution.
La montée des cas de molka en Corée (5 876 cas liés aux molka recensés par la police sud-coréenne en 2022) associée au rôle des hommes dans cette pratique (95 % des coupables répertoriés par la police en 2017 sont des hommes), ainsi que le développement du mouvement « Me too » dans le pays en 2018 a rapidement mené à une résurgence de la question féministe et de l’anti patriarcat en Corée du sud.
Cela s’est catalysé au mois d’août avec le plus grand rassemblement de femmes dans l’histoire du pays. Dans les rues de Séoul, plus de 70 000 manifestantes marchent et soulèvent des pancartes affichant des messages tels que « My life is not your porn » (« ma vie n’est pas ton porno »).

Une modernité objet de paradoxe
Le cas de la Corée du sud met en lumière un paradoxe questionnable : il s’agit d’une société hypermoderne. Elle est connectée et performante sur de nombreux aspects, pourtant elle reste profondément patriarcale (ceci étant dû aux valeurs néo-confucéennes, toujours particulièrement implantées dans la culture coréenne). Ainsi l’émergence de problématiques telles que l’influence des valeurs occidentales, le développement d’internet ou encore la remise en question des droits masculins dans une optique féministe bouleverse le schéma pro-masculin pourtant ancré dans la culture et la société.
Les mouvements comme Megalia et Ilbe reposent sur une même logique de confrontation numérique et de radicalisation des idées et des discours, bien qu’opposés idéologiquement. Ces exemples mettent en lumière, en un sens, la difficulté à laquelle fait face la Corée du sud lorsqu’il s’agit d’allier tradition et modernité, conservatisme et ouverture dans les concepts sociaux.
Le mouvement 4B
C’est dans ce contexte de réflexion autour de la misogynie, du patriarcat et des nouvelles formes de féminisme en ligne qu’il semble pertinent d’aborder le sujet du mouvement 4B. Le 4B est né en Corée du sud au milieu des années 2010. Il s’inscrit dans une volonté de s’opposer au discours social dominant, où la maternité et le mariage restent des normes sociétales. En effet, 4B repose sur un rejet volontaire de ces modèles normatifs imposés aux femmes : ne pas se marier (bihon ; 비혼), ne pas procréer (bichulsan ; 비출산), ne pas fréquenter d’hommes (biyeonae ; 비연애) et ne pas avoir de relations sexuelles avec eux (bisekseu ; 비섹스). Le nom de 4B est ainsi tiré de ces quatre principes.
Une cause stigmatisée
Dans un contexte culturel où le féminisme reste socialement dévalorisé, s’identifier ouvertement au mouvement 4B est un geste souvent réprimandé par du cyberharcèlement, des insultes genrées…etc. De plus, la dimension particulièrement radicale de ses revendications lui ont valu de nombreuses polémiques. Par conséquent, de nombreux féministes refusent de s’y associer publiquement. Le 4B n’est donc pas marqué d’un caractère officiel et encadré. Il fonctionne plutôt comme un mouvement anonyme et diffus, mais bien réel. Il est source d’inspiration de mouvements féministes jusqu’en occident.
En effet, le cas de l’élection présidentielle américaine de 2024 a placé le mouvement sur les devants de la scène à nouveau, notamment sur des plateformes comme Tiktok et X. De nombreuses utilisatrices occidentales se sont appropriées les quatre refus de 4B. Cela comme geste de protestation, symbole d’autonomie corporelle et d’indépendance.
« Escape the corset »
4B s’est développé dans un contexte de revendications activistes plus large. Il a notamment été porté par le mouvement esthétique de rejet des normes : Escape the corset. Le schéma est le même : dénonciations via des plateformes anonymes, renversements des codes, critique radicale des impératifs destinés aux femmes, à leur corps et à leur vie. Le mouvement « Escape the corset » visait à renoncer volontairement à chirurgie, maquillage, régime, et autres formes de performativité féminine. Le mouvement 4B lui, agit sur d’autres niveaux. En effet, les dimensions politiques et personnelles qu’il touche mettent en lumière une volonté de valorisation propre. Le 4B devient un espace de reconstruction, de protection. Ainsi, y participer est un acte de dignité face aux oppressions subies au sein des relations patriarcales.

Un mouvement en retrait
La radicalité du mouvement 4B, ainsi que son caractère individualisant et souvent caricaturé comme trop extrémiste, sont des éléments qui contribuent largement à la désolidarisation des femmes à sa cause. Bien que ponctuellement ressurgissant, il reste particulièrement marginalisé et polarisant. Cela fait suite davantage à des accusations d’homophobie, d’exclusion des minorités ou encore de transphobie.
Aussi, le mouvement 4B n’a pas d’organisation ni de leader. Ses adhérents sont de manière générale anonymes. Il est donc compliqué de savoir combien de femmes y participent et ainsi d’estimer son impact et son influence réels. De nombreux critiques soulignent également qu’en choisissant la protection individuelle plutôt que l’action collective, le mouvement créé davantage d’espaces de résistance en retrait et ne transforme pas durablement les structures patriarcales.
Conclusion
L’internet sud-coréen se présente depuis ces dernières années comme un véritable prisme révélateur du patriarcat en Corée. Cela tout en étant l’espace où ce dernier est le plus frontalement et radicalement contesté. Des attaques misogynes organisées par Ilbe aux réponses par stratégie du miroir de Megalia, la polarisation sur le net révèle des tensions allant au-delà de la dimension numérique. Elle trouve ses racines dans des problématiques ancrées dans la société, les institutions, jusque dans les violences physiques. Plusieurs mouvements féministes ont alors choisi la rupture ; ils incarnent de réels points de discordance entre modernité et normes traditionnelles. En somme, la question du genre en Corée du sud illustre un véritable combat pour l’autonomie, la dignité des femmes et la conception des rôles genrés dans l’ordre social.
Sources
- Megalia: South Korea, feminism, and the Internet walk into a bar…- Jiye Seong (2016)
- Hardcore Subcultures for Law-Abiding Citizens and Online Nationalism : Case Study on the Korean Internet Community ILBE Jeojangso – Kyujin Shim (2015)
- Mirroring misogyny in Hell Chosŏn: Megalia, Womad, and Korea’s feminism in the age of digital populism – Youngmi Kim
- Confucian Historical Narratives and Misogynic Culture in South Korea – Bernadine Grace Alvania Manek
- Anti-Gender Politics, Economic Insecurity, and Right-Wing Populism: The Rise of Modern Sexism among Young Men in South Korea – Soohyun Christine Lee
Sources web
- https://www.theguardian.com/society/2025/sep/20/inside-saturday-south-korea-gender-war
- https://www.npr.org/2022/12/03/1135162927/women-feminism-south-korea-sexism-protest-haeil-yoon
- https://www.ma-grande-taille.com/societe/molka-fleau-invisible-menace-securite-femmes-coree-du-sud-408204
- https://theconversation.com/a-woman-is-not-a-baby-making-machine-a-brief-history-of-south-koreas-4b-movement-and-why-its-making-waves-in-america-243355
- https://www.britannica.com/topic/4B-movement
- https://www.theguardian.com/world/2024/nov/15/4b-south-korea-feminist-movement-donald-trump-election-backlash
- https://theweek.com/culture-life/what-is-south-korea-4b-movement


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