Le hangeul (한글)

Quand vous entendez « le hangeul », que pensez-vous ?

 Les caractères, les lettres ? Peut-être un mélange bizarre de lignes et des cercles ?

Même si vos réponses sont variées, vous remarquez que l’écriture coréenne est un système de signes graphiques bien différent du nôtre (l’alphabet latin) ou du système chinois (l’écriture logographique). Avant de présenter l’histoire du hangeul et les règles de sa logique, il faudrait expliquer quelques termes linguistiques.

Une langue difficile ?

Il arrive très souvent de dire : « le chinois est très difficile ». Les étrangers disent : « le français est tellement difficile » .

Même si ces deux phrases parlent des difficultés liées à l’apprentissage des langues étrangères, elles se référent à des aspects différents. D’habitude, en disant que « le chinois est difficile », on pense que « l’écriture chinoise est difficile à apprendre ». En disant que « le français est difficile », on pense que « la prononciation française est difficile à apprendre ». Au niveau de la réflexion linguistique, il est important de différencier la langue et l’écriture. La langue est « un système d’expression et de communication, commun à un groupe social (communauté linguistique) ». (Morvan, 2011, p. 410)

Cependant, l’écriture est « un système de signe visibles, tracés, représentant le langage » comme l’écriture idéographique ou alphabétique. Plus précisément, ce sont « des caractères adoptés dans un tel système », comme, à titre d’exemple, l’écriture romaine, arabe, cyrillique, etc. (Morvan, 2011, p. 230) Après l’introduction, on peut passer au hangeul avec son histoire et sa logique intéressantes. C’est un alphabet coréen, créé au XVème siècle par les intellectuels sous la direction du roi Sejong le Grand (세종대왕, 1397-1450).

Jusque-là, les Coréens n’utilisaient que les caractères chinois (한자 hanja), adaptés à leur langage maternel. Du fait que l’écriture logographique (ill. 1) fonctionne comme une inconnue mathématique, c’est-à-dire que les caractères peuvent couvrir des prononciations variée, il est vraiment facile de l’adapter aux langages différentes. Cependant l’apprentissage de ce système d’écriture exige beaucoup de temps. Certains caractères sont très compliqués parce qu’ils ont été construits de plusieurs traits. En conséquence, il faut au moins quelques mois pour bien les mémoriser…

ill. 1. Deux pages du Jikji (직지), une anthologie des enseignements
bouddhistes, publiée en 1377. Un exemple d’usage des caractères
chinois pour le langage coréen.

Le Roi Sejong

À l’époque du roi Sejong, seuls les membres du yangban (양반, l’aristocratie et les érudits coréens 1) savaient lire et écrire. Il était très rare qu’une personne issue du peuple puisse acquérir cette capacité. La scolarité fonctionnait comme un privilège de la noblesse, pas comme un droit citoyen. Dans ce contexte-là, la création du hangeul visait à réduire l’illettrisme. La première table des nouvelles lettres et des syllabes apparut en 1446. Au début, l’alphabet se composa de 28 lettres, distinctes entre les consonnes et les voyelles. Il s’appelait hunmin jeongeum (훈민정음, ill. 2), ce qui signifie « l’enseignement du langage correct au peuple ».

ill. 2. Une page du Hunmin jeongeum (훈민정음), un
document publié en 1446, introduisant le nouvel
système d’écriture.

Au fil du temps, d’autres noms sont apparus mais c’est le terme hangeul (한글) qui est resté et qui reste toujours valable. C’était Ju Sigyeong (주시경, 1876-1914), l’un des fondateurs de la langue coréenne moderne, qui l’a introduit seulement au début du XXème siècle. Le mot hangeul peut se traduire aussi bien comme « la grande écriture » que comme « l’écriture coréenne ». Ça dépend si l’on interprète la syllabe han (한) comme l’adjectif « grand » ou comme l’adjectif « coréen». Aujourd’hui, l’alphabet est composé de 19 consonnes et de 21 voyelles. Chaque syllabe possède une voyelle (ill. 3):

ill. 3. La structure des syllabes coréennes

Il y a des syllabes contenant deux, trois ou quatre lettres. Il n’existe pas de syllabe composée d’une seule voyelle ou d’une seule consonne. La méthode de la liaison des lettres pour créer une syllabe est bien précisée.

Par rapport aux règles d’orthographe, ici on ne distingue pas entre majuscule et minuscule mais les signes de ponctuation, comme la virgule ou le point, sont utilisés. Dans le cas des langues qui utilisent un système d’écriture différent de l’alphabet latin, il existe toujours la méthode de la romanisation. Pour le hangeul, il y a plusieurs types de transcription phonétique. Les deux plus connus sont la romanisation McCune-Reischauer et la romanisation révisée. La première a été créée en 1937 et porte les noms de ses créateurs. La deuxième est une invention des autorités de la République de Corée, mise en usage en 2000.

Bibliographie

Morvan Danièle (éd. 2011). Le Robert de poche 2012. Paris : Le Robert – Sejer.

Les sources des illlustrations

ill. 1. Deux pages du Jikji (직지), une anthologie des enseignements
bouddhistes, publiée en 1377. Un exemple d’usage les caractères chinois pour
le langage coréen :

ill. 3. La structure des syllabes coréennes 4 

ill. 2. Une page du Hunmin jeongeum (훈민정음), un document publié en 1446,
introduisant le nouvel système d’écriture.

ill. 3. La structure des lettres coréennes

Pour en Lire davantage :

Bae Kichan, Jeon Sang-woon, Kim Ho, Pak Song-rae (2007). Le roi Sejong le Grand. Lumière éternelle de Corée. Le Bureau de Diamond Sutra recitation groupe.

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