Le mont Paektu, le berceau du peuple coréen

Le mont Paektu (백두산 Baekdusan), appelé aussi le mont Changbai en chinois (长白山 Chángbáishān), est la montagne la plus haute de la péninsule coréenne : à 2 744 mètres d’altitude, elle fait partie du massif du Changbai. Elle est une montagne très symbolique, aussi bien pour les Nord-Coréens que pour les Sud-Coréens. Considérée depuis toujours comme étant le berceau du peuple coréen et serait le lieu de naissance du roi légendaire de la Corée, Tangun (단군 Dangun), fondateur du premier royaume coréen.

La naissance d’un peuple

Le mont Paektu est considéré comme le berceau au moins spirituel du peuple coréen. Comme nous l’avons vu, Tangun est l’un des personnages principaux de la mythologie coréenne. On le retrouve également à l’origine de nombreuses fêtes en Corée du Sud comme le Jour de la Fondation.

Faune et flore

La carte avec le Lac du Paradis

Le mont a ses flancs de part et d’autres de la frontière avec la Chine. Il est aussi la frontière avec la Chine ce qui fait que du côté nord-coréen les flancs de la montagne ont été très largement déboisés pour subvenir aux besoins du pays. En conséqence, la partie nord-coréenne de la montagne sacrée est la moins préservée .

Plus de 35 000 personnes vivent au pied de mont Paektu. Une bonne partie du terrain de basse altitude a été aménagée pour la culture de blé, de pommes de terre, d’orge et même de plantes médicinales. Malheureusement, la forêt dans cette zone est aussi exploitée pour les besoins de développement grandissant du pays.

En revanche, du côté chinois il y a une forêt primaire, pratiquement intacte et sans habitants. Si le pin domine le bas du mont Paektu, le bouleau domine pour en être l’espèce principale qui monte jusqu’à 2 000 mètres d’altitude.

C’est à partir de 2 000 mètres qu’on peut trouver d’autres espèces comme le genévrier nain, l’épicéa du Japon, le sapin de Corée (un arbre devenu rare), le sapin de Khinghan et les bouleaux d’Erman et de Mandchourie. Les espèces qui vont caractériser cette toundra alpine sont le pavot de Corée, l’oxytropis koreana et la gentiana jamesii.

Cette zone naturelle agit comme une réserve importante pour la conservation des espèces d’oiseaux variées comme le harle de Chine, qui est sa zone de reproduction. Mais on peut y trouver aussi le tétras lyre, des hiboux, des pics, des chevreuils d’Asie, des tigres de Sibérie, des ours noirs, et même des panthères des neiges, ou encore des loups et des sangliers.

Un enjeu diplomatique

Autour du mont sacré nord-coréen se jouent de grandes scènes diplomatiques. Le mont Paektu est la pierre angulaire de divers enjeux diplomatiques d’envergure internationale. On retrouve, par exemple, en 2018 une rencontre très symbolique du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un (김정은 Gim Jeong-eun) et du président sud-coréen, Moon Jae-in (문재인 Mun Jae-in).

Une belle façon de célébrer leurs origines communes. Cela permet également aux deux hommes politiques de montrer une bonne volonté mutuelle de réunification (c’était pareil dans le cas des Pungsan chiens, offerts par Kim Jong-un à Moon Jae-in en 2018). La rencontre se fraise sur le lieu de naissance de leur ancêtre commun, Tangun. Pour le président sud-coréen, le message s’avère être d’autant plus important : ses parents sont originaires de Corée du Nord donc il a toujours partagé sa volonté de gravir un jour les flancs de cette montagne.

Dans la stratégie du pouvoir nord-coréen, le mont peut être aussi la scène de tous les évènements. Il peut être de coutume pour les leaders de se rendre sur le mont la veille d’évènements importants, bons ou mauvais.

Message de la victoire

Le mont Paektu avec une inscription : « Mont Paektu - la montage de révolution et du succès »
« Mont Paektu – la montage de révolution et de succès »

Le pic principal qui culmine à 2 744 mètres d’altitude est initialement appelé le pic Paektu. Par la suite, il fut renommé par les Nord-Coréens Janggun bong (장군봉) ce qui signifie « le pic du Général », en l’honneur du dirigeant Kim Il-sung (김일성 Gim Il-seong). Au sommet, y a été dressée une stèle indiquant son nouveau nom et un monument narrant les exploits de Kim Il-sung.

Le deuxième pic du mont légendaire, initialement nommé Cheonwang bong (천왕봉) ce qui a pour nom poétique « le pic du roi du ciel », il a été renommé en Hyangdo bong (향도봉), le nouveau nom qui signifie « le pic du Leader ». Ce deuxième pic du mont Paektu culmine à 2 712 mètres. Ce nom lui a été attribué pour honorer le deuxième dirigeant suprême, Kim Jong-il (김정일 Gim Jeong-il).

Aujourd’hui, on peut lire sur les flancs du mont une inscription géante qui dit « 혁명의 성산 백두산 / 김정일 / 1992년 2월 16일 새김 (Hyeongmyeongui seongsan Baekdusan / Gim Jeongil / 1992 nyeon 2 wol 16 il saegim) » ce qui pourait être traduit par « Mont Baekdu, la montage de révolution et de succès, Kim Jong-il, le 16 février 1992 / gravure ou explication ».

Une place de choix pour les Nord-Coréens

Pour tous les Coréens (Sud et Nord), cette montagne est importante et même sacrée. De par la grande place qu’elle occupe au folklore coréen, de par le fait que selon la légende, le mont Paektu aurait accueilli le fondateur de la Corée. En revanche, à la suite au partage de la péninsule par les Américains et les Soviétiques, le mont est devenu le lieu de pèlerinage. Plus de 100 000 Nord-Coréens visitent le camp, la montagne et divers sites, présentés comme des lieux importants de la résistance. Le majestueux toit de la péninsule symbolise désormais beaucoup plus pour les Nord-Coréens. Elle apparaît souvent dans l’art, la littérature et le cinéma nord-coréens.

Naissance d’un leader nord-coréen

Selon le régime nord-coréen, Kim Jong-il (김정일 Gim Jeong-il), serait né sur le mont Paektu, alors que sont père y organisait la résistance contre l’occupant japonais depuis 1936. Une belle façon pour le régime de relier doublement ce mont dans l’esprit et dans le cœur des Nord-Coréens. Cette communication autour de la naissance du leader sur le mont Paektu permet à la dynastie Kim de s’inscrire dans la « lignée Paektu » qui portera officiellement le nom de lignée du mont Paektu, et s’inscrit pratiquement au même niveau que la mythologie coréenne et au même rang que Tangun, fondateur du royaume légendaire de Gojoseon (고조선).

Petite pépite que j’ai trouvée pour vous !

Sources

  • Démonstration d’unité
  • Dayez-Burgeon Pascal (2017). Histoire de la Corée – Des origines à nos jours. Paris : Éditions Tallandier.
  • Malovic Dorian, Morillot Juliette (2016). La Corée du Nord en 100 questions. Éditions Tallandier.
  • Morillot Juliette (2021). Le renouveau religieux en Corée du Nord. En : (2021) Études n° 4280, mars, p. 7-18.

étudiant en design graphique et design industriel, passionné par la Corée sur toutes ses formes. et nous vous faisons découvrir ce pays merveilleux et sa culture chaque semaine.

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